Archive pour décembre, 2013

la mer en face…

Je veux regarder la mer en face, avec son goût d’éternité…

Esprit, gardien des hautes œuvres de ce monde ?

Me tenir droit, le visage à l’ombre d’un arbre millénaire…

Sang humain dans mes veines ?

Toucher du front la pierre bleu des montagnes…

Et l’hiver avec moi dans sa fraicheur osseuse, comme galet dans les flancs d’une eau de source. Et la nuit posée sur toutes faces de ce monde et le dieu avec moi pour crier mon innocence…

C’est un poème en hommage aux derniers jours de l’homme, c’est un poème que je répandrai dans toutes les sphères de l’être,

Je te saisirais ce soir au grés des foules, dans un jardin près d’elle , toi qui sait que tu existes dans cette minute, cette seconde, peut-être la dernière…

 

 

Publié dans:Poésie |on 27 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Morte saison , triste raison…

Je soigne mon mal de tête à l’aspirine, et mon désespoir à la cocaïne…J’ai soif d’éternité, bordel elle est bonne ! Hier encore je disposais une ligne sur son corps noir : contraste des couleurs, satisfaction de l’humeur. J’ai lu Ibsen, c’est  bien ! La véranda est transpercée d’une couleur pourpre, je suis assis devant le jardin avec un livre à la main, quelques mots et je médite des heures. Morte saison, triste raison. Je ne sais parler de rien, je ne pense à rien, vagues de Virginia Woolf, traité du désespoir de Kierkegaard. Parfois une idée, les sens à vifs, j’écris : Socrate est-il mort, et avec lui sa conception du philosophe contemplant les idées ? Le monde maintenant à plat est dans l’attente, le cosmos , nous est tombé sur la tête : Je suis si seul dans tes bras !

Publié dans:Textes courts... |on 27 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Snob…

L’absinthe venait d’Espagne …IL est 8h, je crois ?

Je lui avais dit de venir l’hiver pour être caché par mon long manteau, je ne voulais pas qu’elle voit mon corps.

Je demandais à Jessy, que je baisais parfois, de me faire un look attrayant : Un costume Hugo Boss, pas de dessous, j’aimais sentir l’étoffe sur mon corps nu, un parfum discret.

L’avion freina en bout de piste, j’eus à peine le temps de prendre la petite fiole en acier et de boire,  qu’elle apparut.

J’avais des mots plein la tête pour elle, il fallait faire vite, la première impression serait la plus forte, la faire sourire pour qu’elle oublie que je n’étais pas Brad Pitt.

Je ne dis pas un mot et souri bêtement …

Elle s’installa dans la Porsche, je fis un démarrage sportif sur le parking de l’aéroport, je mis un CD d’Arvo Part et lui demanda s’il elle croyait en Dieu ? Elle éclata de rire :

-Pourquoi cette question ?

-Arvo Part prétend qu’il compose pour Dieu répondis –je en freinant légèrement…

-Qui est  Arvo Part ?

-C’est le compositeur de la musique que nous écoutons.

Au feu rouge un adolescent cracha sur mon pare-brise, je lui souris courageusement.

Nous roulions dans la ville qui s’éveillait, je rejoins la place du capitole et garait la voiture dans le parking de l’Hôtel de l’opéra.

La suite 41 avait un piano, un livre d’or dans lequel Friedrich Gulda avait écrit quelques mots.

J’avais laissé sur le bureau en plexiglas mon manuscrit ouvert, elle s’empressa d’y jeter un œil, elle lut :

« Ca fait chier l’être, et cette capacité du dasein, cette putain de précompréhension que nous avons ! Ça fait chiiiier !

Là il y a de l’être : Quand tu me branles doucement de ta petite main noire, quand ton sein sous mon œil, me regarde et me fascine : Dasein !

Quand le monde tourne autour de moi, leurs gueules de noyés, et cet arbre qui me fait face depuis la fenêtre de ta chambre, ce bel arbre millénaire, il va me survivre ce salaud : il me renvoie l’idée de ma mort et toutes ces constructions de l’homme, des chiotes à l’immeuble d’en face : eux aussi vont me voir mourir ! De partout, finie la beauté de la nature, voilà l’idée inconcevable de ma mort ! Toujours Dasein ! Je suis l’être pour la mort qui souffre cette idée comme un chien ! Je suis une conscience absolue…

Je viens vers toi ma petite négresse blanche, je viens vers toi pour me soigner de ma condition d’homme, rentre moi donc le doigt dans le cul que je reprenne le goût d’être animal !

Elle laisse tomber le manuscrit et me demande, c’est qui celle-là ?

-je la regarde penaud, c’est une étudiante métis qui vient d’Afrique !

-tu la baises ?

-Non, mais j’aimerai bien !

Conne de franchise, que n’ai-je pas dite, pour qu’elle explose :

-tu es un professeur d’université et tu n’es pas écrivain, tu devrais y penser un jour !

-Merci…

L’amphithéâtre était bondé, je respirais profondément et rejoignis le bureau.

-Nous aborderons aujourd’hui cette idée effrayante de Kant sur l’universalité du beau ! Comme vous le savez Kant prétend que le goût du beau est universel sans concept…

Je voudrais vivre dans une poubelle. J’aimerai être couvert de vos déchets de la tête au pied…

Malgré elle  je continuai à écrire ! Pourquoi ?  Parce qu’il me fallait survivre à cette sensation d’être qui me collait à la peau, ma peau de lépreux ; bouffe les croutes chienne !

Elle posa son cul sur le lit et commença à enlever ses chaussures, je vis la chaine en or qui entourait sa cheville, ce petit bijoux me rappela qu’elle n’était qu’une une call-girl, que savait une pute de l’écriture ?

Elle me branla en lisant les pages du figaro, j’éjaculais sur ses doigts d’or.

Je l’admirais depuis que l’on me l’avait offerte un Six janvier, qui était en fait la date de la nativité chez les orthodoxes, offerte par mes amis qui trouvaient que j’étais un peu pâle depuis que Françoise m’avait quitté, et qui se cotisèrent le soir de noël pour que j’ai de la compagnie…

Mon petit cadeau j’en prenais soin, croyez-moi ! Avec le temps j’oubliai de payer ses services et elle venait tous les week-ends à Toulouse, prétextant qu’elle adorait cette ville. Ma petite chienne avait un seul vice : elle était jalouse !maladivement jalouse !

Je bois l’ignominie du monde, j’écris pour me consoler d’être, l’existence précède l’essence : Putain j’ai la nausée !

Une main se leva au milieu de l’amphi et apparut à mes yeux LaLa , c’est ainsi que se nommait, je l’appris plus tard, la petite métis qui me faisait fantasmer ! Avec un courage absolu elle prit la parole dans la salle bondée : Pourriez-vous me dire ce que penserait Kant de l’art conceptuel ? Je répondis du tac au tac pour ne pas montrer mon trouble : Qui pose une question a déjà la réponse comme dirait Jacques Lacan et votre réponse nous intéresse, veuillez donc la semaine prochaine présenter ici même le résultat de votre recherche ; rien de plus ne fût dit alors et Lala sourie à ma réponse…

Bègue je suis bègue quand je te vois, les mots accrochent ma bouche, je trépigne quand tu n’es pas là et m’immobilise sous ton regard…

 

 

 

 

 

 

Publié dans:Textes courts... |on 27 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Grammaire…

Grammaire,

J’écris à partir de rien : un souvenir, une musique, oui souvent une musique ; vous savez ? Les chansons qui ne parlent de rien si ce n’est d’amour et de manque, mais n’est-ce pas trop facile d’écrire sur l’amour ?

J’écris à partir de rien…

Longtemps ça a commencé ainsi : Elle regarde la mer…Et je voyais ma grand-mère au-dessus de la dune qui nous regardait mes frères et moi jouer sur la plage.

Quelques mots plus tard j’étais à bout de souffle et le texte se terminait…

Et puis des lettres d’amour, adolescent, des lettres que je prenais un plaisir fou à écrire des nuits entières !

Plus tard  je me suis acheté un portable blanc comme neige, je l’aimais, je l’aimais comme on peut aimer la clé qui vous ouvre la porte donnant sur la liberté !

La police d’écriture m’a enfin permis de voir mes mots sans voir les traces de ma main dont je n’aimais pas le graphisme !

La main donc le corps ! Je dis l’écriture vient avant tout du corps, je dis et vous ne comprendrez pas car c’est à peine compréhensible : J’ai d’abord écrit par le corps insoutenable de ma grand-mère  que j’aimais malgré son odeur d’urine et sa perruque mal mise. J’ai aimé l’insoutenable : Et parfois mes textes en sont remplis, grossièreté, laideur, corps indésirables tout ça par pure imitation de cet amour impossible, de ce désir ambivalent de l’impossible.

J’écris à partir de rien…

L’obsession de la beauté éternelle, un corps sans organe, immaculé, désirable. Peut-être est-ce de l’amour dont je parle ?

Publié dans:Textes courts... |on 23 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Road movies…

Il roulait vers le sud, elle marchait au bord de la route… Quand elle entendit s’avancer le camping-car elle se retourna et tendit le pouce. Il ne réfléchit pas et  appuya sur le frein.

L’odeur du tabac remplissait le véhicule, elle aima cette odeur, car elle n’avait plus de cigarettes depuis plusieurs heures…

Il roula pendant quelques kilomètres sans dire un mot…Alors qu’ils passèrent sur un pont il demanda:

 

-aimez-vous la mer?

 

Elle ne sut que répondre et balbutia un “ oui ” inaudible…

Il lui proposa une cigarette, elle accepta.

-Je ne sais pas où je vais, dit-elle grisée par la fumée.

-Ce n’est pas grave, moi non plus.

 

Ils éclatèrent de rire… Elle fit glisser un cd dans le magnéto :

 

-J’écoute ça en boucle depuis hier dit-elle, volontaire c’est le titre de la chanson !

 

-Sans la musique, la vie serait une erreur …

 

Vers 20 heures, il eut faim et s’arrêta.

Il mit le couvert sur la petite table : deux assiettes, deux couverts, deux verres. Ils mangèrent du poulet froid avec les doigts ainsi que des chips en buvant de la bière…

A la fin du repas elle leva son verre et se mit à chanter : “ vol de nuit sur l’antarctique, j’attends la prochaine guerre, émotions censurées j’en ai plein le container…” Ils reprirent ensemble et se serrèrent la main :

 

-moi  c’est Thomas et vous?

-Lola, cinq ans de galères!

 

Encore une fois ils rirent…Thomas se leva, en marchant dans le camion il effleura plusieurs fois le corps de Lola.

Sous le lit il prit une bouteille de whisky, il attrapa du coca dans le frigo. La nuit était tombé sur le parking de la plage, à cette saison ils pouvaient stationner toute la nuit sans être déranger par la police…

 

Elle chercha dans son sac et sortit une petite boite en bois sur laquelle était dessiné un Bouddha, elle fît le joint avec tellement de grâce qu’il eut envie de lui prendre la main. Ils fumèrent et lui entendit le bruit de la mer qui s’amplifiait dans ses oreilles…

 

- “ Vous faites quoi dans la vie ” demanda-t-elle en posant sa tête sur ses coudes et en le regardant fixement.

 

Dans le camion enfumé il se mit à lui raconter qu’il était écrivain, qu’il avait quitté sa femme et ses enfants le jour où il avait été édité pour la première fois et qu’il s’était acheté ce camion pour ne plus revenir…

 

Elle ne sût que dire d’elle et lui ne posa pas de questions… Elle repartirait demain avec lui, c’était sa seule certitude…

Le lendemain ils prirent la route de la côte, ils roulèrent toute la matinée. Elle demanda si elle pouvait poster une lettre, il s’arrêta au prochain village…

Madrid tombait sous la chaleur.

 

Il voulait lui montrer le Prado qu’elle ne connaissait pas. Il La laissa à l’entrée du musée et alla se garer. En revenant il ne la retrouva pas dans la foule. Il la fît appeler par le haut-parleur, elle apparut dans l’entrée… Devant un Goya, il l’embrassa, elle lui dit de recommencer, il recommença… Ils se prirent la main et ne se lâchèrent plus jusqu’au parking.

 

Elle lui demanda les clés et entra la première dans le camion. Elle s’assit sur la table en bois et lui cria presque :

 

-touche-moi!

 

Il déboutonna sa chemise, bouton par bouton en la regardant dans les yeux, elle gardait ses mains de chaque côté d’elle posées sur la table. Il ouvrit sa chemise et regarda ses seins, elle ne dit rien, ne fit rien.

Il se mit à genoux et enleva ses chaussures. Elle se leva sur ses bras pour l’aider à faire glisser le pantalon. Il enfouit sa bouche entre ses cuisses. Elle prit son mp3 qui était resté sur la table et mit ses écouteurs dans les oreilles en fermant les yeux.

Elle respirait si fort qu’il se sentit partir. Il jouit mais elle ne s’en rendit pas compte …

 

A la fin du jour ils quittèrent Madrid pour l’Escurial. Ils dormirent sur la route. Le palais de Philippe apparut au lever du jour alors qu’elle dormait encore. Il n’osa pas bouger et resta assis regardant le soleil se lever.

 

-Où sommes-nous demanda-t-elle en se levant du lit.

 

Il se retourna et vit qu’elle était nue.

 

-je suis ici pour écrire un livre.

 

Elle se colla contre lui, il lui caressa les fesses; il reprit:

 

-Ici, dans ce palais que tu vois vivait Philippe, Roi d’Espagne et fils de Charles Quint ! Et de ce roi je veux écrire un livre, quelque chose sur le désir, un texte comme je n’ai jamais pu en faire! Elle frotta son pubis contre sa cuisse il continua :

 

-Ce roi était asservie par son désir des femmes et l’obsession du sacré !

 

Il passa sa main entre ses cuisses et lécha ses seins.

 

- continue, dit-elle :

-J’ai découvert ce palais avec ma première femme, elle était étudiante en Espagnol, elle m’a raconté la vie de ce roi, depuis je ne peux m’empêcher d’imaginer sa vie !

Elle descendit sa main sur son jean et commença  à le déboutonner :

 

-Alors?

 

Il reprit sa respiration et poursuivit:

 

-Il faut que je te montre sa chambre et tu verras…

 

Elle glissa sa main sous le slip et sortit son sexe, en douceur elle  le prit dans sa bouche. La bouche pleine de lui elle le prie de tout lui raconter :

 

-Je ne suis pas historien continua-t-il, je ne veux pas faire un livre sur l’histoire, mais un livre sur Dieu et l’orgasme !

-L’orgasme ? Reprit-elle en accélérant le mouvement de sa bouche.

-Oui, oui répondit-il sans trop comprendre ce qu’il disait ! Il s’accrocha à ses cheveux et lui remplit la bouche en criant qu’il l’aimait !

***

 

Ils rentrèrent ensemble dans la chambre du Roi. Ils étaient seuls. Thomas avait payé le guide pour rester quelques minutes dans la chambre sans être dérangés…

***

 

Ils roulèrent toute la nuit. Elle s’endormait parfois.

A la frontière il s’arrêta et se coucha. Le soleil par la fenêtre le réveilla… Il l’appela, rien ne bougea dans le camion.

Il sortit et fît quelques pas, elle était assise sur le bord  de la route et regardait passer les voitures. Ils se serrèrent dans les bras comme s’ils s’étaient quittés depuis plusieurs jours…Une voiture klaxonna, ils firent des gestes de salut et se levèrent.

Lola prit le volant en disant qu’elle voulait de l’altitude, ils suivirent une route de montagne jusqu’aux neiges éternelles, la route s’arrêtait, ils s’arrêtèrent…

Thomas commença son livre. Lola s’occupait du camion. Parfois elle écrivait des lettres qu’elle ne postait jamais. Il lui offrit un livre : Mort à Venise, elle le lut en deux jours et en demanda un autre …

L’hiver finissait et thomas toussait, il toussait si fort que Lola s’inquiéta. Ils descendirent à la prochaine ville et consultèrent un médecin qui demanda une hospitalisation de contrôle. Dans le couloir qui menait à sa chambre Thomas eut peur, si peur qu’il chancela; Lola le rattrapa et l’installa avec une infirmière dans une chambre.

Le soir venu ils regardèrent la télé, ils plaisantèrent, Thomas dormit bien. Le lendemain le médecin convoqua Lola :

 

-votre ami est fatigué, ses poumons sont malades, il doit s’installer à la montagne, il ne peut plus voyager comme cela. Pour l’instant ce n’est pas trop grave mais ça peut le devenir…

 

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Hommage à Philippe Sollers, écrivain.

Glenn Gould joue une cantate de Bach. Sollers écrit studio. Tu devrais travailler ton piano. Tu excelles dans la capture du réel. J’y suis pour rien. Cette mise en scène ne vaut rien : duras aurait aimé quelque chose de plus récité. J’ai visionné les Rushs, tu n’économises pas la production ! Il y a tout dans tout… Je ne sais pas où j’en suis avec toi. Séverine est repartie ce matin, je lui ai montré Paris-Texas. Elle sera en Birmanie en Juin. Je ne sais pas ce que pense ta mère… La correspondance d’heidegger et Jaspers m’a éclairé sur mon sentiment de solitude. ll y a une lumière étrange qui éclaire mon lit. Quand j’étais journaliste ma femme n’aimait pas mon travail. Je sais que Séverine deviendra Bouddhiste. Karayan. Je ne sais pas où j’ai mis le manuscrit. C’est un acte manqué réussi. Je n’ai jamais rien compris à Joyce. Le jardin du musée est assez grand pour promener le chien.  Et cette musique de Varèse ! J’ai souvent l’impression de vivre pour rien. Tu as pris une part de moi quand tu es partie. Je me suis promené ce matin dans la rue en pensant à Séverine… Séverine Vanel si vous aviez une histoire à raconter dans l’urgence de votre mort prochaine ce serait laquelle ? Il faut sauver Bouddha. Cette illusion, Séverine Vanel, cette illusion que le Tibet sera toujours le pays le plus religieux du monde, est -elle dans vos films ? Je regarde la mer. Prés de moi la fille de Séverine contemple ses chaussures, sa mère revient dans trente jours. Regardons un peu l’oeuvre d’andré Ravéreau, il est absent de toutes ses créations. Peut-on apaiser un égo surdimensionné ? Il y a le plaisir de l’instant. Elle s’est mise à courir et Kant lui a demandé de s’arrêter car il avait une idée. Je me rapproche de toi. Je vais chercher dans ma mémoire comme dans un placard mal rangé. Je crois que Bobby a soif, il faut téléphoner à Sue Elen. Quel créateur de Concept ce hegel ! Y a t’il chez derrida la possibilité d’un Dieu ? Je ne sais pas je suis agnostique. Myriam a pleuré quand son fils a eu le Bac. Je ne cherche pas à exploser la narration mais à en saisir l’origine. Un retour au Cogito ? Je suis incapable d’apprendre.

Il faut se penser mort. Il n’y a que l’abondance du réel qui soit un cadeau. Je suis si bien avec moi-même. La prière est avant tout une technique. Briévement séverine raconte  notre rencontre, elle semble ne pas en revenir. Sa douleur au dos est enfin partie. Je me suis étendue sous elle, ma bouche dans son sexe. Alors le cogito n’est fondé que depuis Husserl ? Michel Berger,votre chanson sur Cézanne est-elle un passage vers le grand art, si je puis m’exprimer ainsi ? Euh…Je veux dire, êtes-vous un passage vers l’oeuvre d’art éternelle? Descartes est peut-être une erreur dans la philosophie. Hier à New york j’ai vu une vache qui s’était évadée d’un camion. J’ai jeté ma télévision et j’ai chronométré mes moments de bien-être dans la journée. Je veux me retirer dans la montagne. Séverine me fait connaître le tibet. La prière est l’activité qui rend l’homme libre. Hurs von Balthasar, dans votre livre dieu et l’homme d’aujourd’hui, vous semblez annoncer l’ouverture de la théologie vers une écoute plus profonde de la philosophie, mais vous n’oubliez pas qu’il a fallu des siècles entre Aristote et D’aquin ? Ah ! Ces médicaments qui tuent !L’épreuve : l’écriture comme l’incapacité de s’en sortir ! De qui ? De quoi ? De soi évidemment ! Sous la lumière de sa table de nuit Séverine a caché ses manuscrits lourds ! Aïe !aïe je suis en plein dans les orties. Je passe un moment avec cette actrice de porno que j’ai choisie pour mon film : elle ne comprend rien à rien. Hier j’étais à Lourdes pour les repérages, sonie a prié. Nous nous sommes étendues sur le sable avec Séverine pendant que la petite dormait sur la serviette. J’ai courru aprés le train pour donner à paul son agenda qu’il avait oublié. Nous avions décidé d’éteindre le projecteur quand tu rentrais sur scêne, tu n’as rien compris au dialogue, rentre chez toi ! Van gogh doit être plus heureux à cet instant, tu le joues trop distencié !Je reçois un cadeau d’un éditeur : un livre de Balzac, je ne le lirai pas. Des sentiments, du psychologique, vous devriez relire vos classiques !

Oui c’est ça ! J’ai dormi à Auschwitch ! L’illusion de croire que la littérature s’est libérée du classicisme.

J’ai mordu la main à ma dentiste. J’ai beaucoup pleuré quand tu es partie…Séverine arrête de me quitter ! Ils ont fait péter le World trate Center. L’orage a frappé, illusion de puissance. Je ne m’emporterai plus avec toi, je m’en vais !Prendre la voiture. Marcher le long d’une plage. Je ne t’écrirai plus des lettres d’amour. Donne moi à boire. Ca tient comme un château de cartes. Je la regarde, elle se meure. L’hiver sur la montagne, image d’épinal. Je l’ai couchée sur le divan. L’enfant tremblait de fièvre. J’ai appelé à l’aide, seul l’écho m’a répondu. Sur le bateau qui l’a ramenée d’Alger, elle a cru revoir sa mère, morte 20 ans avant. Bergson : matière et mémoire. Et puis en finir . Mishima, la douleur du sabre dans le ventre. Je sais, la mer ne se souvient de rien. Il y a de Portzemparc qui chantait sous la pluie. Et dutrillo qui composait un poème. La maison du sourd : il porte sa chemise de nuit, il caresse les fesses de la servante en longeant le mur rempli de dessins qu’il peindra plus tard. Ma femme ne m’admire pas, elle se fout de tout ce que je peux faire. Althusser, une pensée, une action ! Et reverdit le printemps jusque dans la beauté de séverine qui est revenue de Birmanie; elle prend sa fille dans ses bras et nous embrasse tous les deux, c’est la fête… Allez, allez…la dernière parole de ma mère avant de mourir : Nous serons seuls un jour… Effaçons les derniers textes qui encombrent notre esprit…Un nouveau souffle… L’autre en amont… Je me réfugie dans une église… Je pense à Dieu… Je lui ai pris la main et j’ai pleuré. Et le bonheur c’est possible ? Oui, à condition d’éteindre la télé… Il y a des feuilles aux arbres, Séverine me chuchotte à l’oreille : tu viens dans la chambre ? Je lui saisis la main et cueille un peu de chanvre. Nous arrivons devant le lit ; elle m’empêche de me coucher et se met à genoux.

 

Loin, je sais que tu es loin de moi, si loin. Dompte moi et j’enlèverais mes mains de ton cou.

Je me souviens. J’ai répété son nom des dizaines de fois avant l’intervieuw : Séverine Vanel,Vanel Séverine, Séverine,Vanel. Le vin que je bois me ferait vomir. Une dose de morphine, je crois que je vais mourir…Il est cinq heures à l’horloge, l’église est éclairée comme jamais. C’est un matin comme tous les matins, mais c’est mon matin, l’infirmière a raté la veine, la morphine me brûle, je passe ma main sous sa blouse, elle sourit mais ne dit rien… Je vomis sur elle, elle m’embrasse…

Eclairez-moi ce théatre on dirait un cimetière ! Ton film est aberrant, il cultive le mauvais goût et put la pornographie ! Ca fait longtemps que je ne vais plus sur scêne. Valère Novarina n’a plus qu’à défendre De Funès. Moi je me retire, je vous déteste tous, crie-t-elle en descendant de scène.

Lumière sur une ville du Sud : Je bois un verre sur la terrasse du Goya, la serveuse me prend pour un écrivain, c’est bien la seule ! Séverine risque sa vie à Lhassa et moi je fais des  papiers sur le club de Yoga du quartier… Je ne veux plus que tu partes … J’ai peur pour toi Séverine…Ton sentiment éthique mine notre couple… Je crache à la gueule de la Chine populaire…à peine écrite cette phrase je vérifie si ma porte est bien fermée… Le téléphone sonne… Séverine au bout du fil : tu me manques, comment va alexandra ? … Elle dort, ne t’inquiète pas, quand reviens-tu ? Pas de réponse ! Je m’endors le combinet à la main…

Nous restons des heures à regarder dormir la petite. David Neel dans la cité interdite. Séverine a voulu ce prénom pour sa fille. Je décompose la narration, je réecris mon livre phrase par phrase pour casser son rythme et sa logique… A l’autre bout de la terre un violent tremblement de terre, prés du monastère de Belloc : une brise légère.

Le regard satisfait de Picasso. Kanthweller regarde sa montre. Je compose pour toi. Elle surgit comme un coup violent donné par derriere. Il la regarde. Elle se sait regardée. Nous avons tellement pensé à la même chose, que nous ne savons même plus ce que c’est : la même chose ! Tu passes ton temps à écrire. Pourquoi écrivez-vous ? Rictus et clin d’oeil. L’autre maison est habitée  par une prostituée qui a choisi de finir ses jours avec un peintre. Et plus loin le lac où elle s’est noyée. Je me souviens. J’ai tellement de souffrances que je ne manque de rien. Place du capitole une femme passe, je vois le début de ses seins, ne connaitrais-je  jamais le plaisir ? Au revoir. J’habite depuis peu un village de 100 habitants, je suis le même ici et partout. Ce n’est pas vrai, la montagne que je vois me comble de joie… Et puis personne pour me demander ce que je fais ! Et d’ailleurs qu’est ce que je fais ? Rien, je me lève, prend un verre, je fume et je m’endors sur le canapé.

Elle arrive le Week-end, porte toujours ses jarretelles blanches et nous nous épuisons au lit. Je regarde la montagne. Elle me saisit par le bras : “ je pars dans deux heures ! Arrête d’écrire, occupe toi de moi ! ” Nous longeons la rivière, il fait si froid qu’il me tarde de rentrer…

 

 

 

 

Publié dans:Textes courts... |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

L’effondrement de Nietzsche….

Le onze janvier 2009, j’étais descendu dans la vallée pour acheter du matériel de peinture. J’avais tellement travaillé pour les fêtes que beaucoup de choses me manquaient.

Dès l’ouverture du magasin je rentrai dans la petite boutique un sac à la main. J’eus dès le début une étrange impression : je ne reconnus pas le lieu, bien que je vienne depuis plusieurs années régulièrement.

Quelque chose avait changé; tout semblait à sa place au premier regard mais une impression étrange  m’envahit, cela ne venait pas des objets : peinture, couleurs, toiles, tout été à sa place mais… je me souviens maintenant du parfum qui avait envahie l’espace, je le reconnus dès mon entrée.     Ce parfum me fît en une seconde revenir à des souvenirs d’adolescence et l’image d’Arielle me revint à la mémoire.

elle était à ce moment-là si présente que j’eus des larmes aux yeux. J’étais si troublé que je sortis dans la rue pour faire quelques pas.

Je fus envahie d’un désir de repenser à elle. En un instant je me mis à la regretter.

 

Je m’en voulais de notre séparation, mais était-ce moi qui était partie ou bien elle qui m’avait quittée ?

Ces questions m’envahirent avec une telle force que je pris conscience que je vivais seul depuis plusieurs années. À cet instant la solitude me pesa et je repensai a la phrase d’une cousine qui m’avait hanté pendant très longtemps : «Tu finiras seul… »

 

En effet, pensais-je, j’ai réalisé ce que j’avais pris longtemps comme un sort que l’on m’aurait jeté, une prophétie maléfique, une épitaphe sur mon front qui ne pourrait s’effacer : j’étais seul et cela depuis longtemps !

Le souvenir du parfum d’Arielle  en était la preuve, elle avait été mon dernier amour.

J’avais bien vécu avec Laura pendant treize ans mais tout au long de notre vie commune je n’oubliais jamais ce qu’avaient été mes sentiments pour Arielle et c’était même à cause d’eux que j’avais quitté Laura, me disant que je ne l’aimais pas vraiment et qu’elle était plus une compagnie qu’une compagne !

 

_ “ Vous avez oublié votre sac Monsieur. ”

 

Je me retournai honteux d’être parti si loin dans mes pensées.

 

_ “ Oh pardonnez-moi je suis honteux, j’avais une course à faire et j’ai complètement oublié où avais-je mis mon sac, je suis vraiment idiot, pardonnez-moi ! ”

_ “ Ce n’est pas grave, monsieur, mon patron m’a dit que vous veniez souvent et que ce sac n’était pas perdu, mais moi j’ai préféré vous courir après… ”

 

Elle reprit son souffle et ajouta:

 

_ “ Vous avez aussi oublié une esquisse, elle est sur le comptoir, voulez-vous que l’on vous l’encadre ? ”

_ “ Une esquisse ? Vous dites ? Vous devez faire erreur, je n’avais rien d’autre que ce sac ! ”

_ “ Vous êtes le premier client et personne à part vous n’est rentré dans le magasin ce matin ! ”

Ne sachant que dire je rentrai avec elle dans l’échoppe. Elle me tendit une feuille à dessin enroulée d’un ruban noir. Le ruban m’apparut d’un goût naïf mais je le dénouai par curiosité pour voir ce qu’il cachait…

_  “ Qui a fait cela ? ” m’écriai-je, sans réaliser la violence de mon expression.

Ce qu’elle avait appelé une esquisse représentait en réalité un buste de femme dessiné au crayon, la tête penchée sur l’épaule droite. Cette femme avait les yeux fermés mais ne semblait pas dormir d’un profond sommeil, j’avais la sensation qu’elle pouvait à tout moment m’apparaître éveillée !

_ “ C’est bien à vous, monsieur, ” reprit la voix de la jeune vendeuse qui m’avait surpris dans la rue.

_ “ Non mademoiselle, je n’ai jamais fait un si beau dessin, ” lui dis-je avec sincérité.

 

Elle sourit et me prit délicatement la feuille des mains.

_ “ Ce n’est pas grave, reprit-elle en posant le dessin sous son comptoir, la personne qui l’a déposé ici viendra la récupérer, elle n’est pas perdue ! ”

_ “ Ce dessin m’intéresse, que l’on me dise son prix et je l’achète, voulez-vous,  je vous prie, faire part de ma proposition à l’artiste qui l’a réalisé; au moins si il appartient déjà à un client…que l’on me donne le nom du dessinateur ! ”

_ “ Oui monsieur, je m’en occupe et je vous le dirai dès que j’apprends quelque chose, si vous le voulez je vous appelle, je crois que monsieur Oury a votre numéros de téléphone ? ”

_ “ en effet, contactez moi dès que vous le pouvez, je suis toujours chez moi ! ”

 

Je remplis mon sac de fournitures, pris quelques toiles et sorti dans la rue rejoindre ma voiture.

Je m’empressai de quitter la vallée pour rejoindre la montagne et retrouver ma maison et mon atelier.

Pendant deux jours je ne quittai plus ce dernier, ni le jour, ni la nuit, essayant de reproduire de mémoire le dessin que j’avais vu.

Le troisième jour je m’effondrai dans le petit lit qui servait de canapé laissant trainer par terre des dizaines d’esquisses qui pour moi ne valaient pas l’original.

 

Dans ma mémoire je vécus cette expérience comme un effondrement : pendant trois mois je ne peignis plus.

Je m’empressai de détruire toutes mes tentatives de reproduire cette femme endormie, ne gardant qu’un dessin se rapprochant le plus de celui dont j’avais le souvenir !

Pendant les premiers jours où je n’arrivai plus à peindre, croyant à une fatigue passagère, je me retirais dans ma bibliothèque.

Les premiers temps je la parcourais des yeux sans me décider à choisir un seul livre et un matin je fus attiré par un titre : L’effondrement de Nietzche.

J’eus peur.

 

Etait-ce bien un effondrement que je me disais vivre ? Finirais-je comme le philosophe à lire les livres à l’envers et à me jeter sur le premier inconnu que je croiserai dans la rue ?

Podach, l’écrivain de l’ouvrage me rassura vite : je n’avais rien d’un grand fou !

 

Malgré tout je passai mes journées à trainer en robe de chambre dans la maison, ressentant du dégout à l’idée de reprendre un pinceau, j’étais même devenu violent dans mes jugements sur moi-même et ma peinture.

Je m’imaginais faire un grand feu pour  jeter tous mes tableaux !

 

En moi une violence extrême m’envahit qui, heureusement, ne s’est jamais traduite en actes, sinon je pense que je ne serais aujourd’hui plus de ce monde !

Bien qu’un matin je pris un couteau et je rentrai dans l’atelier, saisie une toile vierge et la lacérerai de plusieurs coups ; je ressortis aussi vite que j’étais rentré plus honteux qu’apaisé !

Alors que je regardai fixement la lame, la sonnerie du téléphone me surprit et je repris mes esprits essayant d’être le plus naturel possible pour répondre :

 

_ “ Allo, monsieur Congar ? Yves Congar ? ” Reprit une voix féminine que je ne connaissais pas, “ je suis Mireille la vendeuse du magasin où vous achetez votre matériel de peinture. ”

 

Etonné je ne répondis rien et laissa la voix parler :

 

_ “ je vous appelle au sujet de l’esquisse, j’ai retrouvé l’artiste qui a fait ce dessin, il s’agit de mademoiselle Husserl; habitant dans notre ville, elle serait très honorée de vous rencontrer et de vous vendre son tableau, voilà son numéro de téléphone… ”

 

Je notai le numéro à même le mur et remercia du mieux que je pouvais la jeune vendeuse; je raccrochais et reprit le combiné pour faire le numéro qui salissait la tapisserie !

Une voix a peine audible, comme sortant du sommeil, me répondit:

 

_ “ Oui ! ”

_ “ Je souhaiterais parler à mademoiselle Husserl. ” je ne pouvais cacher mon anxiété et ma voix se troubla :

“ Je suis monsieur Congar, je vous appelle au sujet de l’esquisse, en fait, le dessin… ” .

_ “ Très honoré monsieur Congar, je suis Mévéna Husserl, c’est moi-même qui ai réalisé ce petit dessin et j’ai été surprise qu’un peintre ayant votre talent s’intéresse à une chose aussi insignifiante…. ”

_ “ Pardonnez-moi, mais nous avons des noms et des prénoms que l’on ne peut oublier ! Etes-vous descendante du philosophe Husserl?

_ Et vous du théologien Congar ? ” Reprit-elle en riant ?

_ “ Je vous rassure, je ne suis pas son fils dis-je en souriant. ”

_ “ Et moi une descendante lointaine pour me rajeunir ! ”

_ “ Votre voix est jeune mademoiselle ! ”

_ “ En effet, j’ai 28 ans et ma mère était la petite fille du philosophe, c’est une tradition de garder ce nom dans la famille ! ”

_ “ Aux choses même, mademoiselle, j’aimerai vraiment voir votre travail ! ”

_ “ Je connais bien vos peintures et j’ai vu plusieurs expositions de vous, c’est donc vous seul qui découvrirait mon travail ! Venez donc à mon atelier, quand vous le voudrez. J’y travaille toute la semaine et parfois même le dimanche ! ”

_ “ Si vous le permettez, je passerai cette semaine… J’ai des achats à faire en ville… ” ajoutai-je pour cacher mon impatience…

 

Je n’ai gardé de ce premier contact que le numéro sur le mur. Les moments qui ont suivi ce coup de fil, j’aurais tant aimé les oublier ! En effet me croyant guérie, je me réfugiai dans mon atelier et me mis devant une toile blanche, rien ne vint et même je tombai sur le lit en pleurant ne pouvant dessiner une ligne…”

 

 

Pendant des jours j’errai dans l’atelier toute fenêtre fermée, ne me lavant plus, dormant à peine et enfin je ne sortis plus du lit, me nourrissant de ce que j’allais chercher parfois comme un voleur dans la maison et que je déposai au pied du lit pour ne plus le quitter !

Vint le jour où je devais aller à la rencontre de Mévéna.

Je ne sais comment j’arrivai à me sortir du lit et faire ma toilette pour être présentable, mais après un énorme effort je me retrouvai sans savoir comment à frapper à la porte de son atelier.

Une jeune femme en salopette de maçon m’ouvrit la porte :

 

_ “ Ce n’est pas la peine de vous présenter monsieur Congar, je vous ai déjà vu, ” me dit la jeune fille qui m’accueillit.

 

Elle me fit entrer dans un atelier qui ressemblait à un hangar désaffecté avec des poutres apparentes au plafond, un immense canapé vert et deux chaises à même le sol en terre.

Je la vis, non pas elle, mais bien l’esquisse qui était posée sur la petite table.

Je m’effondrai sur le canapé car j’avais des vertiges de ne pas avoir assez mangé !

 

_ “ Ce canapé est trop confortable ” me dit-elle en riant me voyant m’assoir lourdement, croyant que c’était dû à la profondeur des coussins.

 

Je me souviens que je me mis à parler de ce “quelque chose” qui n’était pas vraiment le sommeil dans son dessin, qu’il y avait comme la métaphore de l’impossible éveil de beaucoup de nos contemporains et peut-être même de tout homme depuis toujours. Et si nous étions tous endormis sur un chemin que nous parcourons les yeux fermés tout au long de notre vie sans oser se réveiller de peur de la souffrance que cela entraine…Mais se réveiller à quoi ?

Ainsi je concluais ma longue description du tableau que j’avais devant les yeux. Je me souviens d’un long silence et d’une admiration commune qui est née à ce moment précis.

Elle ne répondit rien mais son visage s’éclaira avec une telle intensité que je crus voir le modèle de l’esquisse se réveiller d’un coup par un simple claquement de doigts !  Nous sommes restés longtemps assis et ce que nous nous sommes dit n’appartient dorénavant qu’à nous …

 

Nous nous quittâmes la nuit tombée en nous donnant rendez-vous le lendemain dans mon atelier.

Cette nuit-là le sommeil ne vint pas, je pris dans ma pharmacie quelques calmants qui me mirent dans une euphorie apaisante, je rangeais au ralenti mon atelier et je crois, grâce aux médicaments, je ne ressentis ni haine ni violence à voir ses toiles entassées au mur auxquelles je n’avais pas touchés depuis plusieurs jours.

 

A l’approche du jour je mis à penser à tous ces peintres académiques célèbres en leur temps mais complétement oubliés aujourd’hui.

Ma peinture avait du succès comme me l’avait rappelé Mévéna, mais je savais que toutes mes œuvres n’avaient jamais atteint une telle profondeur comme son dessin.

J’eus cette idée comme une révélation sans aucune rancune, mais avec l’assurance que je pouvais apporter à Mévéna  de par ma maturité pour ne pas dire mon expérience des points de vue dont elle aurait besoin peut être pour approfondir son travail : avec cette idée me vint pour la première fois l’idée que je ne peindrai peut être plus jamais pour me consacrer à l’enseignement !

Il était peut-être temps pour moi de transmettre quelque chose …

 

  

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

La ville Atlantique…

je regardai la mer. J’avais explosé ma vie grace à L. Je m’étais installé ,seul, la peur au ventre dans une ville atlantique. Mon appartement n’avait comme mobilier qu’un canapé ,une table basse et une bibliothèque. Nous allions  vers la catastrophe,je le savais, elle l’oubliait! J’imaginais en lisant Mishima un suicide rituel…Un soir apeuré, je me dirigeais vers une pharmacie, pour acheter une lame de rasoir. La pharmacie était fermée!
Etendu à même le sol je pensai a L . Le téléphone sonna ,L me demanda mon adresse,J’arrive me dit-elle! Je mis en quelques secondes de l’ordre dans mon studio et regardait par la fenêtre.
Elle parlait avec les mains,m’effleurait ,baissait les yeux. Violemment attiré ,je lui passai la main dans les cheveux:
_ NON,il ne faut pas, je ne suis pas venue pour ça!
Je m’approchai et la prit entre les bras,elle pleura… Ce soir là j’ai pris la femme d’un autre;j’ai en mémoire l’épaisseur de son corps lourd et la douceur de ses mains!J’ai la mémoire d’une vague,de tout mon etre je l’ai aimé!

J’ai eu l’idée de l’amour,jusqu’à détester l’amour…Plus rien n’est beau sans elle…Je lui mens pour la rassurer…Je ne serais jamais un homme!
Toute ma vie est une femme.Elle a tous les visages,toutes les beautés , toutes les disgrâces.Elle m’a fait respirer, me lever quand j’étais tombé,je ne vivrais plus sans L. Puisque je ne serais jamais son homme,je me fous du passé et avance seul dans la rue de cette ville Atlantique.

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Elle…

j’avais l’illusion d’être vivant. je connus Martine le lendemain de la st valentin. Elle possédait un commerce à Biarritz,j’étais pauvre. Dans sa jaguar , j’avais la place du mort. Lors de notre premier flirt je l’ai assise doucement sur le levier de vitesse, elle a joui si fort que je me suis promis de recommencer.Depuis  elle ne voulait jamais m’aimer que dans la  voiture;Nous roulions la nuit sur les routes de bord de mer a la recherche d’un coin tranquille .
Je rentrai tard dans mon studio,L m’attendait de l’autre côté de mon écran.Je devais tout lui raconter,chaque expression du corps, chaque mot hurlé.Je sentais ces frissons a chaque point d’esclamation, n’y résistais pas, inventais souvent, dormais peu!
Mon frére se maria le lendemain de ma rencontre ;Je n’étais pas invité…
la jolie et jeune bourgeoise qu’il épousa plut a ma mère. L. ne sut jamais combien elle était détestée… mon analyste, un Lacanien aigris ,sursauta:Votre mère est jalouse d’L, c’est évident!
L. cracha par terre quand je lui comptais le corps de martine, sourit quand je lui dis que j’allais me fiancer. Souffrant alors d’une sciatique,L. se déplaçait en fauteuil roulant,que je poussais me trouvant enfin utile.
Pour la combler , au début de notre relation je devins soumis; elle lacérait mon dos avec une feuille de thin qui parfumait nos nuits. Elle m’accrochait au rideau et frappait mes genoux.
Un jour n’en pouvant plus je m’accrochais a ses cheveux et la jeta par terre!Elle se releva !Je lui cria: chienne !
et porta mon pieds a son ventre,en hurlant que j’étais son maître!
Depuis L. ne me quitta plus.
avant Martine L. me présenta une amie qu’elle disait être très influente dans le milieux des marchants d’art . Sous l’ordre d’L. je devins son amant. Je le devins tellement que L. l’écarta de son cercle d’amis.
Séverine, ne résista a L. que trois semaines car je l’avais rencontré par ma seule volonté ne demandant rien a L.
Philippe, n’eut pas cette chance ,il mourut quelques jours après notre rencontre!
L. était douce comme la vague. L. était exclusive. L. était l’amour de ma maturité!
Un soir de septembre, je la pris dans mes bras car elle pleurait au  beau milieu de la rue. Lentement je la dirigeais vers un bar pour lui offrir un réconfort.Nous nous revîmes au hasard des expositions que je réalisais a Biarritz,mais nous sortîmes ensemble qu’ au mois de juin de l’année ‘d’après!
Son amour pour moi dura trois jours.Le mien dure toujours!
Elle me voulut son ami car elle ne pouvait souffrir la solitude de son mari. J’acceptai ne pouvant me sentir loin    Martine s’éloigna de moi avec autant de douceur qu’L envahissait mon esprit…de retour dans son foyer croyant faire oublier son escapade L. reprit la maison en charge. Elle s’occupa de la scolarité des enfants , réorganisa la maison qui l’avait fait fuir,prit en charge les soirées de son mari ou elle apparaissait comme incontournable a tous ceux qui voulaient l’approcher.
elle m’appela parfois au téléphone,ses paroles étaient rythmées de silences  traduisant sa vie ennuyeuse!
Avec le peu d’énergie qui me restait ,je m’évertuai a lui raconter mes journées,que je disais riches de rencontres et de nouveautés,je ne faisais plus rien et ne lui disait pas!!
la nuit précédente, je décidai de partir, de quitter la ville .
On frappa a la porte, je n’attendais personne et fît le mort un instant pour ne pas qu’on insiste.,sa voix brisa mon silence!
Le matin alors qu’elle dormait je sortis pour acheter du thé et quelques fruits de saison.
Elle se réveilla affolée et s’habilla en oubliant de déjeuner.
Ne sachant quand elle reviendrait, je m’enfermais chez moi pour l’attendre.Elle ne revint que six jours après,j’étais méconnaissable…
Quelques mois plus tard L. et son amant se jetèrent d’une falaise, on retrouva leurs corps accrochés l’un à l’autre…

Publié dans:Textes courts... |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Le disciple que Jésus aimait…

Si nos prénoms sont criés par un Dieu et entendu par nos mères,je suis allemand!
Ma mère me racontat souvent que mon père prisonnier français a berlin en raison de son origine juive, fut libéré grâce a sa relation aux milieux psychanalytiques. C’est ainsi ajoutait-elle que je me retrouvai a berlin en plein conflit allant chercher ton pére qui sortait de prison , dans un hôtel sordide tu as été conçu car il était le plus proche. J’entends  encore son rire de vieille femme au corps lacéré par le temps et la souffrance de sa perte.
 » Le faire de notre peuple est un faceré , un fascisme diront les esclaves ,la main droite de notre fuhrer travaille l’âme du peuple arien,il fertilise le ventre de nos femmes… » Il éteignit la radio et se re coucha prés d’elle. Il lui mumura :ce matin , au creux de tes reins , j’ai entendu la voix de dieu qui m’a murmuré que le guerre était finie!
Dans le couloir une femme cria :
-Yann, reste dedans, tu vas te perdre si tu vas dans la rue, tu es un petit français, pas un allemand!
Elle répéta le prénom entendu  jusqu’a son lit  pour ne pas l’oublier.
ainsi,je fus nommé pour la premiére fois!
Plus tard , bien plus tard alors que je me préparais a rentrer au monastére,le pére supérieur me dit de sa voix forte : »voilà le disciple que Jésus aimait » ce fût pour moi la révélaton de ma foi.Je devins le frére Jean , prénom si commun que je choisis le silence pour le glorifier.

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »
123

Mektoub |
A l'encre de nos plumes |
Ailant vers Fred |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Rougepolar
| Kenningar
| Manouch11poesies