Snob…

L’absinthe venait d’Espagne …IL est 8h, je crois ?

Je lui avais dit de venir l’hiver pour être caché par mon long manteau, je ne voulais pas qu’elle voit mon corps.

Je demandais à Jessy, que je baisais parfois, de me faire un look attrayant : Un costume Hugo Boss, pas de dessous, j’aimais sentir l’étoffe sur mon corps nu, un parfum discret.

L’avion freina en bout de piste, j’eus à peine le temps de prendre la petite fiole en acier et de boire,  qu’elle apparut.

J’avais des mots plein la tête pour elle, il fallait faire vite, la première impression serait la plus forte, la faire sourire pour qu’elle oublie que je n’étais pas Brad Pitt.

Je ne dis pas un mot et souri bêtement …

Elle s’installa dans la Porsche, je fis un démarrage sportif sur le parking de l’aéroport, je mis un CD d’Arvo Part et lui demanda s’il elle croyait en Dieu ? Elle éclata de rire :

-Pourquoi cette question ?

-Arvo Part prétend qu’il compose pour Dieu répondis –je en freinant légèrement…

-Qui est  Arvo Part ?

-C’est le compositeur de la musique que nous écoutons.

Au feu rouge un adolescent cracha sur mon pare-brise, je lui souris courageusement.

Nous roulions dans la ville qui s’éveillait, je rejoins la place du capitole et garait la voiture dans le parking de l’Hôtel de l’opéra.

La suite 41 avait un piano, un livre d’or dans lequel Friedrich Gulda avait écrit quelques mots.

J’avais laissé sur le bureau en plexiglas mon manuscrit ouvert, elle s’empressa d’y jeter un œil, elle lut :

« Ca fait chier l’être, et cette capacité du dasein, cette putain de précompréhension que nous avons ! Ça fait chiiiier !

Là il y a de l’être : Quand tu me branles doucement de ta petite main noire, quand ton sein sous mon œil, me regarde et me fascine : Dasein !

Quand le monde tourne autour de moi, leurs gueules de noyés, et cet arbre qui me fait face depuis la fenêtre de ta chambre, ce bel arbre millénaire, il va me survivre ce salaud : il me renvoie l’idée de ma mort et toutes ces constructions de l’homme, des chiotes à l’immeuble d’en face : eux aussi vont me voir mourir ! De partout, finie la beauté de la nature, voilà l’idée inconcevable de ma mort ! Toujours Dasein ! Je suis l’être pour la mort qui souffre cette idée comme un chien ! Je suis une conscience absolue…

Je viens vers toi ma petite négresse blanche, je viens vers toi pour me soigner de ma condition d’homme, rentre moi donc le doigt dans le cul que je reprenne le goût d’être animal !

Elle laisse tomber le manuscrit et me demande, c’est qui celle-là ?

-je la regarde penaud, c’est une étudiante métis qui vient d’Afrique !

-tu la baises ?

-Non, mais j’aimerai bien !

Conne de franchise, que n’ai-je pas dite, pour qu’elle explose :

-tu es un professeur d’université et tu n’es pas écrivain, tu devrais y penser un jour !

-Merci…

L’amphithéâtre était bondé, je respirais profondément et rejoignis le bureau.

-Nous aborderons aujourd’hui cette idée effrayante de Kant sur l’universalité du beau ! Comme vous le savez Kant prétend que le goût du beau est universel sans concept…

Je voudrais vivre dans une poubelle. J’aimerai être couvert de vos déchets de la tête au pied…

Malgré elle  je continuai à écrire ! Pourquoi ?  Parce qu’il me fallait survivre à cette sensation d’être qui me collait à la peau, ma peau de lépreux ; bouffe les croutes chienne !

Elle posa son cul sur le lit et commença à enlever ses chaussures, je vis la chaine en or qui entourait sa cheville, ce petit bijoux me rappela qu’elle n’était qu’une une call-girl, que savait une pute de l’écriture ?

Elle me branla en lisant les pages du figaro, j’éjaculais sur ses doigts d’or.

Je l’admirais depuis que l’on me l’avait offerte un Six janvier, qui était en fait la date de la nativité chez les orthodoxes, offerte par mes amis qui trouvaient que j’étais un peu pâle depuis que Françoise m’avait quitté, et qui se cotisèrent le soir de noël pour que j’ai de la compagnie…

Mon petit cadeau j’en prenais soin, croyez-moi ! Avec le temps j’oubliai de payer ses services et elle venait tous les week-ends à Toulouse, prétextant qu’elle adorait cette ville. Ma petite chienne avait un seul vice : elle était jalouse !maladivement jalouse !

Je bois l’ignominie du monde, j’écris pour me consoler d’être, l’existence précède l’essence : Putain j’ai la nausée !

Une main se leva au milieu de l’amphi et apparut à mes yeux LaLa , c’est ainsi que se nommait, je l’appris plus tard, la petite métis qui me faisait fantasmer ! Avec un courage absolu elle prit la parole dans la salle bondée : Pourriez-vous me dire ce que penserait Kant de l’art conceptuel ? Je répondis du tac au tac pour ne pas montrer mon trouble : Qui pose une question a déjà la réponse comme dirait Jacques Lacan et votre réponse nous intéresse, veuillez donc la semaine prochaine présenter ici même le résultat de votre recherche ; rien de plus ne fût dit alors et Lala sourie à ma réponse…

Bègue je suis bègue quand je te vois, les mots accrochent ma bouche, je trépigne quand tu n’es pas là et m’immobilise sous ton regard…

 

 

 

 

 

 

Publié dans : Textes courts... |le 27 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

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