Archive pour la catégorie 'Non classé'

Le spectacle du monde.

J’ignore la grandeur, la forme des nuages me suffit; Je regarde serein le présent en son instant. J’ai le corps qui ressent la posture , je détends la jambe qui se crispe, j’inspire alors qu’il me faudrait expirer, le Bouddha rit ,je me ressaisis , j’élève ma tête pour soutenir la voûte céleste. La pensée s’affole , j’ai peur , je panique. Une idée, une vision et je suis une seconde en esprit dans un jardin de mon enfance, je ne résiste pas , j’accueille et ne me laisse pas dominer par l’image. J’ai les yeux ouverts pour rester vigilent. Je vois un coq, je saurais plus tard que cet animal, puissant dans la symbolique Chinoise, est dans la tradition Tibétain le symbole du désir , de l’envie; Ne pas se juger, reprendre la posture , le souffle , le dos tonique , attendre, patienter, attendre toujours , patienter encore… Son de cloche!

Publié dans:Non classé |on 16 avril, 2015 |Pas de commentaires »

Partage.

Partage.
je voulais vous le dire à vous. Je voulais vous le dire.J’ai un secret, tout petit, minuscule.J’ai un secret.Hier en marchant dans la rue,je l’ai vue , elle marchait sur la neige, elle était éclairée par ce soleil d’hiver, elle était plutôt forte, grande,belle.Je voudrais dire son nom mais je le dirais pas,je voudrais vous dire sa voix mais je ne la dirais pas,je voudrais vous dire aussi la couleur de ses yeux, sa manière de sourire.Je voulais vous dire:Elle était dans ma tête!

Publié dans:Non classé |on 5 février, 2015 |Pas de commentaires »

Prophétie.

J’ai le sentiment d’un grand vent sur la terre, une onde acrée entre le dégoût et la merveille : Une ombre aqueuse dans tes yeux… Comme surgissement d’hiver glaçant l’homme à terre de l’occident. Je vois là-bas vers l’Orient un prophète qui s’élève, une feuille d’arbre tombée sur une page ouverte du livre et le bruit est si grand qu’il réveille les morts.
Je sais cela de toute vie, je suis le maître de lumière, l’imposant diadème au front de l’innocente. Blême est ce poème a l’ombre de ce qui vient !
J’ai heurté à me rendre voyant les portes du dehors. J’ai creusé à me rendre sourd les chants stridents des femmes et les bras saccadés des hommes de mon temps.
Je n’ai ni labeur, ni honneur.
J’ai vu un troupeau de sages brouté le sang de l’Himalaya, j’ai vu la mer morte cracher a la face du dieu enfui .J’ai vu !
Ce chant est l’espoir du plus haut. Ce chant est mon cœur mis à nu …

Publié dans:Non classé |on 19 janvier, 2015 |Pas de commentaires »

Je suis d’un peuple retiré du monde…

Un livre ouvert sur la mer, et l’écorce des corps  qui effleure ; un livre à toutes choses écrites, un livre aux feuilles noires : obédience du sud.

Oh ! Surgissement du temps …

Un livre écrit à deux mains sous les flots des larmes d’une mer épaisse à l’encre de la nuit.

Un livre flambant neuf sous le regard du peuple de l’abyssal : des milliards de couleurs oubliés en l’honneur de tes yeux.

Feuilles mouillées de sel, joie au cœur du narrateur…

J’ai écris ce livre il y a longtemps,  vérifié tous les mots, à l’encontre du sens. J’ai écrit ce livre à l’approche d’une ville.

Soudain comme fleuve écaillé, j’ai parcouru une nation, visité des pays, aggravé l’espace d’un moment l’étendue qui me séparait de toi.

J’ai prononcé dans mes nuits au souffle court,  ton nom, dormi sur des rubis. Respiré, ah respirer le large au moment du départ. Sur des barques improbables j’ai entendue des symphonies, ah qu’il est lourd le piano que j’ai monté dans les Alpes. Et cette fureur, cette garnison d’effroi quand mes nerfs à bout de souffle ont osé ce poème.

Je suis d’un peuple retiré du monde…

 

Publié dans:Non classé |on 23 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

Road movies…

Il roulait vers le sud, elle marchait au bord de la route… Quand elle entendit s’avancer le camping-car elle se retourna et tendit le pouce. Il ne réfléchit pas et  appuya sur le frein.

L’odeur du tabac remplissait le véhicule, elle aima cette odeur, car elle n’avait plus de cigarettes depuis plusieurs heures…

Il roula pendant quelques kilomètres sans dire un mot…Alors qu’ils passèrent sur un pont il demanda:

 

-aimez-vous la mer?

 

Elle ne sut que répondre et balbutia un “ oui ” inaudible…

Il lui proposa une cigarette, elle accepta.

-Je ne sais pas où je vais, dit-elle grisée par la fumée.

-Ce n’est pas grave, moi non plus.

 

Ils éclatèrent de rire… Elle fit glisser un cd dans le magnéto :

 

-J’écoute ça en boucle depuis hier dit-elle, volontaire c’est le titre de la chanson !

 

-Sans la musique, la vie serait une erreur …

 

Vers 20 heures, il eut faim et s’arrêta.

Il mit le couvert sur la petite table : deux assiettes, deux couverts, deux verres. Ils mangèrent du poulet froid avec les doigts ainsi que des chips en buvant de la bière…

A la fin du repas elle leva son verre et se mit à chanter : “ vol de nuit sur l’antarctique, j’attends la prochaine guerre, émotions censurées j’en ai plein le container…” Ils reprirent ensemble et se serrèrent la main :

 

-moi  c’est Thomas et vous?

-Lola, cinq ans de galères!

 

Encore une fois ils rirent…Thomas se leva, en marchant dans le camion il effleura plusieurs fois le corps de Lola.

Sous le lit il prit une bouteille de whisky, il attrapa du coca dans le frigo. La nuit était tombé sur le parking de la plage, à cette saison ils pouvaient stationner toute la nuit sans être déranger par la police…

 

Elle chercha dans son sac et sortit une petite boite en bois sur laquelle était dessiné un Bouddha, elle fît le joint avec tellement de grâce qu’il eut envie de lui prendre la main. Ils fumèrent et lui entendit le bruit de la mer qui s’amplifiait dans ses oreilles…

 

- “ Vous faites quoi dans la vie ” demanda-t-elle en posant sa tête sur ses coudes et en le regardant fixement.

 

Dans le camion enfumé il se mit à lui raconter qu’il était écrivain, qu’il avait quitté sa femme et ses enfants le jour où il avait été édité pour la première fois et qu’il s’était acheté ce camion pour ne plus revenir…

 

Elle ne sût que dire d’elle et lui ne posa pas de questions… Elle repartirait demain avec lui, c’était sa seule certitude…

Le lendemain ils prirent la route de la côte, ils roulèrent toute la matinée. Elle demanda si elle pouvait poster une lettre, il s’arrêta au prochain village…

Madrid tombait sous la chaleur.

 

Il voulait lui montrer le Prado qu’elle ne connaissait pas. Il La laissa à l’entrée du musée et alla se garer. En revenant il ne la retrouva pas dans la foule. Il la fît appeler par le haut-parleur, elle apparut dans l’entrée… Devant un Goya, il l’embrassa, elle lui dit de recommencer, il recommença… Ils se prirent la main et ne se lâchèrent plus jusqu’au parking.

 

Elle lui demanda les clés et entra la première dans le camion. Elle s’assit sur la table en bois et lui cria presque :

 

-touche-moi!

 

Il déboutonna sa chemise, bouton par bouton en la regardant dans les yeux, elle gardait ses mains de chaque côté d’elle posées sur la table. Il ouvrit sa chemise et regarda ses seins, elle ne dit rien, ne fit rien.

Il se mit à genoux et enleva ses chaussures. Elle se leva sur ses bras pour l’aider à faire glisser le pantalon. Il enfouit sa bouche entre ses cuisses. Elle prit son mp3 qui était resté sur la table et mit ses écouteurs dans les oreilles en fermant les yeux.

Elle respirait si fort qu’il se sentit partir. Il jouit mais elle ne s’en rendit pas compte …

 

A la fin du jour ils quittèrent Madrid pour l’Escurial. Ils dormirent sur la route. Le palais de Philippe apparut au lever du jour alors qu’elle dormait encore. Il n’osa pas bouger et resta assis regardant le soleil se lever.

 

-Où sommes-nous demanda-t-elle en se levant du lit.

 

Il se retourna et vit qu’elle était nue.

 

-je suis ici pour écrire un livre.

 

Elle se colla contre lui, il lui caressa les fesses; il reprit:

 

-Ici, dans ce palais que tu vois vivait Philippe, Roi d’Espagne et fils de Charles Quint ! Et de ce roi je veux écrire un livre, quelque chose sur le désir, un texte comme je n’ai jamais pu en faire! Elle frotta son pubis contre sa cuisse il continua :

 

-Ce roi était asservie par son désir des femmes et l’obsession du sacré !

 

Il passa sa main entre ses cuisses et lécha ses seins.

 

- continue, dit-elle :

-J’ai découvert ce palais avec ma première femme, elle était étudiante en Espagnol, elle m’a raconté la vie de ce roi, depuis je ne peux m’empêcher d’imaginer sa vie !

Elle descendit sa main sur son jean et commença  à le déboutonner :

 

-Alors?

 

Il reprit sa respiration et poursuivit:

 

-Il faut que je te montre sa chambre et tu verras…

 

Elle glissa sa main sous le slip et sortit son sexe, en douceur elle  le prit dans sa bouche. La bouche pleine de lui elle le prie de tout lui raconter :

 

-Je ne suis pas historien continua-t-il, je ne veux pas faire un livre sur l’histoire, mais un livre sur Dieu et l’orgasme !

-L’orgasme ? Reprit-elle en accélérant le mouvement de sa bouche.

-Oui, oui répondit-il sans trop comprendre ce qu’il disait ! Il s’accrocha à ses cheveux et lui remplit la bouche en criant qu’il l’aimait !

***

 

Ils rentrèrent ensemble dans la chambre du Roi. Ils étaient seuls. Thomas avait payé le guide pour rester quelques minutes dans la chambre sans être dérangés…

***

 

Ils roulèrent toute la nuit. Elle s’endormait parfois.

A la frontière il s’arrêta et se coucha. Le soleil par la fenêtre le réveilla… Il l’appela, rien ne bougea dans le camion.

Il sortit et fît quelques pas, elle était assise sur le bord  de la route et regardait passer les voitures. Ils se serrèrent dans les bras comme s’ils s’étaient quittés depuis plusieurs jours…Une voiture klaxonna, ils firent des gestes de salut et se levèrent.

Lola prit le volant en disant qu’elle voulait de l’altitude, ils suivirent une route de montagne jusqu’aux neiges éternelles, la route s’arrêtait, ils s’arrêtèrent…

Thomas commença son livre. Lola s’occupait du camion. Parfois elle écrivait des lettres qu’elle ne postait jamais. Il lui offrit un livre : Mort à Venise, elle le lut en deux jours et en demanda un autre …

L’hiver finissait et thomas toussait, il toussait si fort que Lola s’inquiéta. Ils descendirent à la prochaine ville et consultèrent un médecin qui demanda une hospitalisation de contrôle. Dans le couloir qui menait à sa chambre Thomas eut peur, si peur qu’il chancela; Lola le rattrapa et l’installa avec une infirmière dans une chambre.

Le soir venu ils regardèrent la télé, ils plaisantèrent, Thomas dormit bien. Le lendemain le médecin convoqua Lola :

 

-votre ami est fatigué, ses poumons sont malades, il doit s’installer à la montagne, il ne peut plus voyager comme cela. Pour l’instant ce n’est pas trop grave mais ça peut le devenir…

 

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

L’effondrement de Nietzsche….

Le onze janvier 2009, j’étais descendu dans la vallée pour acheter du matériel de peinture. J’avais tellement travaillé pour les fêtes que beaucoup de choses me manquaient.

Dès l’ouverture du magasin je rentrai dans la petite boutique un sac à la main. J’eus dès le début une étrange impression : je ne reconnus pas le lieu, bien que je vienne depuis plusieurs années régulièrement.

Quelque chose avait changé; tout semblait à sa place au premier regard mais une impression étrange  m’envahit, cela ne venait pas des objets : peinture, couleurs, toiles, tout été à sa place mais… je me souviens maintenant du parfum qui avait envahie l’espace, je le reconnus dès mon entrée.     Ce parfum me fît en une seconde revenir à des souvenirs d’adolescence et l’image d’Arielle me revint à la mémoire.

elle était à ce moment-là si présente que j’eus des larmes aux yeux. J’étais si troublé que je sortis dans la rue pour faire quelques pas.

Je fus envahie d’un désir de repenser à elle. En un instant je me mis à la regretter.

 

Je m’en voulais de notre séparation, mais était-ce moi qui était partie ou bien elle qui m’avait quittée ?

Ces questions m’envahirent avec une telle force que je pris conscience que je vivais seul depuis plusieurs années. À cet instant la solitude me pesa et je repensai a la phrase d’une cousine qui m’avait hanté pendant très longtemps : «Tu finiras seul… »

 

En effet, pensais-je, j’ai réalisé ce que j’avais pris longtemps comme un sort que l’on m’aurait jeté, une prophétie maléfique, une épitaphe sur mon front qui ne pourrait s’effacer : j’étais seul et cela depuis longtemps !

Le souvenir du parfum d’Arielle  en était la preuve, elle avait été mon dernier amour.

J’avais bien vécu avec Laura pendant treize ans mais tout au long de notre vie commune je n’oubliais jamais ce qu’avaient été mes sentiments pour Arielle et c’était même à cause d’eux que j’avais quitté Laura, me disant que je ne l’aimais pas vraiment et qu’elle était plus une compagnie qu’une compagne !

 

_ “ Vous avez oublié votre sac Monsieur. ”

 

Je me retournai honteux d’être parti si loin dans mes pensées.

 

_ “ Oh pardonnez-moi je suis honteux, j’avais une course à faire et j’ai complètement oublié où avais-je mis mon sac, je suis vraiment idiot, pardonnez-moi ! ”

_ “ Ce n’est pas grave, monsieur, mon patron m’a dit que vous veniez souvent et que ce sac n’était pas perdu, mais moi j’ai préféré vous courir après… ”

 

Elle reprit son souffle et ajouta:

 

_ “ Vous avez aussi oublié une esquisse, elle est sur le comptoir, voulez-vous que l’on vous l’encadre ? ”

_ “ Une esquisse ? Vous dites ? Vous devez faire erreur, je n’avais rien d’autre que ce sac ! ”

_ “ Vous êtes le premier client et personne à part vous n’est rentré dans le magasin ce matin ! ”

Ne sachant que dire je rentrai avec elle dans l’échoppe. Elle me tendit une feuille à dessin enroulée d’un ruban noir. Le ruban m’apparut d’un goût naïf mais je le dénouai par curiosité pour voir ce qu’il cachait…

_  “ Qui a fait cela ? ” m’écriai-je, sans réaliser la violence de mon expression.

Ce qu’elle avait appelé une esquisse représentait en réalité un buste de femme dessiné au crayon, la tête penchée sur l’épaule droite. Cette femme avait les yeux fermés mais ne semblait pas dormir d’un profond sommeil, j’avais la sensation qu’elle pouvait à tout moment m’apparaître éveillée !

_ “ C’est bien à vous, monsieur, ” reprit la voix de la jeune vendeuse qui m’avait surpris dans la rue.

_ “ Non mademoiselle, je n’ai jamais fait un si beau dessin, ” lui dis-je avec sincérité.

 

Elle sourit et me prit délicatement la feuille des mains.

_ “ Ce n’est pas grave, reprit-elle en posant le dessin sous son comptoir, la personne qui l’a déposé ici viendra la récupérer, elle n’est pas perdue ! ”

_ “ Ce dessin m’intéresse, que l’on me dise son prix et je l’achète, voulez-vous,  je vous prie, faire part de ma proposition à l’artiste qui l’a réalisé; au moins si il appartient déjà à un client…que l’on me donne le nom du dessinateur ! ”

_ “ Oui monsieur, je m’en occupe et je vous le dirai dès que j’apprends quelque chose, si vous le voulez je vous appelle, je crois que monsieur Oury a votre numéros de téléphone ? ”

_ “ en effet, contactez moi dès que vous le pouvez, je suis toujours chez moi ! ”

 

Je remplis mon sac de fournitures, pris quelques toiles et sorti dans la rue rejoindre ma voiture.

Je m’empressai de quitter la vallée pour rejoindre la montagne et retrouver ma maison et mon atelier.

Pendant deux jours je ne quittai plus ce dernier, ni le jour, ni la nuit, essayant de reproduire de mémoire le dessin que j’avais vu.

Le troisième jour je m’effondrai dans le petit lit qui servait de canapé laissant trainer par terre des dizaines d’esquisses qui pour moi ne valaient pas l’original.

 

Dans ma mémoire je vécus cette expérience comme un effondrement : pendant trois mois je ne peignis plus.

Je m’empressai de détruire toutes mes tentatives de reproduire cette femme endormie, ne gardant qu’un dessin se rapprochant le plus de celui dont j’avais le souvenir !

Pendant les premiers jours où je n’arrivai plus à peindre, croyant à une fatigue passagère, je me retirais dans ma bibliothèque.

Les premiers temps je la parcourais des yeux sans me décider à choisir un seul livre et un matin je fus attiré par un titre : L’effondrement de Nietzche.

J’eus peur.

 

Etait-ce bien un effondrement que je me disais vivre ? Finirais-je comme le philosophe à lire les livres à l’envers et à me jeter sur le premier inconnu que je croiserai dans la rue ?

Podach, l’écrivain de l’ouvrage me rassura vite : je n’avais rien d’un grand fou !

 

Malgré tout je passai mes journées à trainer en robe de chambre dans la maison, ressentant du dégout à l’idée de reprendre un pinceau, j’étais même devenu violent dans mes jugements sur moi-même et ma peinture.

Je m’imaginais faire un grand feu pour  jeter tous mes tableaux !

 

En moi une violence extrême m’envahit qui, heureusement, ne s’est jamais traduite en actes, sinon je pense que je ne serais aujourd’hui plus de ce monde !

Bien qu’un matin je pris un couteau et je rentrai dans l’atelier, saisie une toile vierge et la lacérerai de plusieurs coups ; je ressortis aussi vite que j’étais rentré plus honteux qu’apaisé !

Alors que je regardai fixement la lame, la sonnerie du téléphone me surprit et je repris mes esprits essayant d’être le plus naturel possible pour répondre :

 

_ “ Allo, monsieur Congar ? Yves Congar ? ” Reprit une voix féminine que je ne connaissais pas, “ je suis Mireille la vendeuse du magasin où vous achetez votre matériel de peinture. ”

 

Etonné je ne répondis rien et laissa la voix parler :

 

_ “ je vous appelle au sujet de l’esquisse, j’ai retrouvé l’artiste qui a fait ce dessin, il s’agit de mademoiselle Husserl; habitant dans notre ville, elle serait très honorée de vous rencontrer et de vous vendre son tableau, voilà son numéro de téléphone… ”

 

Je notai le numéro à même le mur et remercia du mieux que je pouvais la jeune vendeuse; je raccrochais et reprit le combiné pour faire le numéro qui salissait la tapisserie !

Une voix a peine audible, comme sortant du sommeil, me répondit:

 

_ “ Oui ! ”

_ “ Je souhaiterais parler à mademoiselle Husserl. ” je ne pouvais cacher mon anxiété et ma voix se troubla :

“ Je suis monsieur Congar, je vous appelle au sujet de l’esquisse, en fait, le dessin… ” .

_ “ Très honoré monsieur Congar, je suis Mévéna Husserl, c’est moi-même qui ai réalisé ce petit dessin et j’ai été surprise qu’un peintre ayant votre talent s’intéresse à une chose aussi insignifiante…. ”

_ “ Pardonnez-moi, mais nous avons des noms et des prénoms que l’on ne peut oublier ! Etes-vous descendante du philosophe Husserl?

_ Et vous du théologien Congar ? ” Reprit-elle en riant ?

_ “ Je vous rassure, je ne suis pas son fils dis-je en souriant. ”

_ “ Et moi une descendante lointaine pour me rajeunir ! ”

_ “ Votre voix est jeune mademoiselle ! ”

_ “ En effet, j’ai 28 ans et ma mère était la petite fille du philosophe, c’est une tradition de garder ce nom dans la famille ! ”

_ “ Aux choses même, mademoiselle, j’aimerai vraiment voir votre travail ! ”

_ “ Je connais bien vos peintures et j’ai vu plusieurs expositions de vous, c’est donc vous seul qui découvrirait mon travail ! Venez donc à mon atelier, quand vous le voudrez. J’y travaille toute la semaine et parfois même le dimanche ! ”

_ “ Si vous le permettez, je passerai cette semaine… J’ai des achats à faire en ville… ” ajoutai-je pour cacher mon impatience…

 

Je n’ai gardé de ce premier contact que le numéro sur le mur. Les moments qui ont suivi ce coup de fil, j’aurais tant aimé les oublier ! En effet me croyant guérie, je me réfugiai dans mon atelier et me mis devant une toile blanche, rien ne vint et même je tombai sur le lit en pleurant ne pouvant dessiner une ligne…”

 

 

Pendant des jours j’errai dans l’atelier toute fenêtre fermée, ne me lavant plus, dormant à peine et enfin je ne sortis plus du lit, me nourrissant de ce que j’allais chercher parfois comme un voleur dans la maison et que je déposai au pied du lit pour ne plus le quitter !

Vint le jour où je devais aller à la rencontre de Mévéna.

Je ne sais comment j’arrivai à me sortir du lit et faire ma toilette pour être présentable, mais après un énorme effort je me retrouvai sans savoir comment à frapper à la porte de son atelier.

Une jeune femme en salopette de maçon m’ouvrit la porte :

 

_ “ Ce n’est pas la peine de vous présenter monsieur Congar, je vous ai déjà vu, ” me dit la jeune fille qui m’accueillit.

 

Elle me fit entrer dans un atelier qui ressemblait à un hangar désaffecté avec des poutres apparentes au plafond, un immense canapé vert et deux chaises à même le sol en terre.

Je la vis, non pas elle, mais bien l’esquisse qui était posée sur la petite table.

Je m’effondrai sur le canapé car j’avais des vertiges de ne pas avoir assez mangé !

 

_ “ Ce canapé est trop confortable ” me dit-elle en riant me voyant m’assoir lourdement, croyant que c’était dû à la profondeur des coussins.

 

Je me souviens que je me mis à parler de ce “quelque chose” qui n’était pas vraiment le sommeil dans son dessin, qu’il y avait comme la métaphore de l’impossible éveil de beaucoup de nos contemporains et peut-être même de tout homme depuis toujours. Et si nous étions tous endormis sur un chemin que nous parcourons les yeux fermés tout au long de notre vie sans oser se réveiller de peur de la souffrance que cela entraine…Mais se réveiller à quoi ?

Ainsi je concluais ma longue description du tableau que j’avais devant les yeux. Je me souviens d’un long silence et d’une admiration commune qui est née à ce moment précis.

Elle ne répondit rien mais son visage s’éclaira avec une telle intensité que je crus voir le modèle de l’esquisse se réveiller d’un coup par un simple claquement de doigts !  Nous sommes restés longtemps assis et ce que nous nous sommes dit n’appartient dorénavant qu’à nous …

 

Nous nous quittâmes la nuit tombée en nous donnant rendez-vous le lendemain dans mon atelier.

Cette nuit-là le sommeil ne vint pas, je pris dans ma pharmacie quelques calmants qui me mirent dans une euphorie apaisante, je rangeais au ralenti mon atelier et je crois, grâce aux médicaments, je ne ressentis ni haine ni violence à voir ses toiles entassées au mur auxquelles je n’avais pas touchés depuis plusieurs jours.

 

A l’approche du jour je mis à penser à tous ces peintres académiques célèbres en leur temps mais complétement oubliés aujourd’hui.

Ma peinture avait du succès comme me l’avait rappelé Mévéna, mais je savais que toutes mes œuvres n’avaient jamais atteint une telle profondeur comme son dessin.

J’eus cette idée comme une révélation sans aucune rancune, mais avec l’assurance que je pouvais apporter à Mévéna  de par ma maturité pour ne pas dire mon expérience des points de vue dont elle aurait besoin peut être pour approfondir son travail : avec cette idée me vint pour la première fois l’idée que je ne peindrai peut être plus jamais pour me consacrer à l’enseignement !

Il était peut-être temps pour moi de transmettre quelque chose …

 

  

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

La ville Atlantique…

je regardai la mer. J’avais explosé ma vie grace à L. Je m’étais installé ,seul, la peur au ventre dans une ville atlantique. Mon appartement n’avait comme mobilier qu’un canapé ,une table basse et une bibliothèque. Nous allions  vers la catastrophe,je le savais, elle l’oubliait! J’imaginais en lisant Mishima un suicide rituel…Un soir apeuré, je me dirigeais vers une pharmacie, pour acheter une lame de rasoir. La pharmacie était fermée!
Etendu à même le sol je pensai a L . Le téléphone sonna ,L me demanda mon adresse,J’arrive me dit-elle! Je mis en quelques secondes de l’ordre dans mon studio et regardait par la fenêtre.
Elle parlait avec les mains,m’effleurait ,baissait les yeux. Violemment attiré ,je lui passai la main dans les cheveux:
_ NON,il ne faut pas, je ne suis pas venue pour ça!
Je m’approchai et la prit entre les bras,elle pleura… Ce soir là j’ai pris la femme d’un autre;j’ai en mémoire l’épaisseur de son corps lourd et la douceur de ses mains!J’ai la mémoire d’une vague,de tout mon etre je l’ai aimé!

J’ai eu l’idée de l’amour,jusqu’à détester l’amour…Plus rien n’est beau sans elle…Je lui mens pour la rassurer…Je ne serais jamais un homme!
Toute ma vie est une femme.Elle a tous les visages,toutes les beautés , toutes les disgrâces.Elle m’a fait respirer, me lever quand j’étais tombé,je ne vivrais plus sans L. Puisque je ne serais jamais son homme,je me fous du passé et avance seul dans la rue de cette ville Atlantique.

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Le disciple que Jésus aimait…

Si nos prénoms sont criés par un Dieu et entendu par nos mères,je suis allemand!
Ma mère me racontat souvent que mon père prisonnier français a berlin en raison de son origine juive, fut libéré grâce a sa relation aux milieux psychanalytiques. C’est ainsi ajoutait-elle que je me retrouvai a berlin en plein conflit allant chercher ton pére qui sortait de prison , dans un hôtel sordide tu as été conçu car il était le plus proche. J’entends  encore son rire de vieille femme au corps lacéré par le temps et la souffrance de sa perte.
 » Le faire de notre peuple est un faceré , un fascisme diront les esclaves ,la main droite de notre fuhrer travaille l’âme du peuple arien,il fertilise le ventre de nos femmes… » Il éteignit la radio et se re coucha prés d’elle. Il lui mumura :ce matin , au creux de tes reins , j’ai entendu la voix de dieu qui m’a murmuré que le guerre était finie!
Dans le couloir une femme cria :
-Yann, reste dedans, tu vas te perdre si tu vas dans la rue, tu es un petit français, pas un allemand!
Elle répéta le prénom entendu  jusqu’a son lit  pour ne pas l’oublier.
ainsi,je fus nommé pour la premiére fois!
Plus tard , bien plus tard alors que je me préparais a rentrer au monastére,le pére supérieur me dit de sa voix forte : »voilà le disciple que Jésus aimait » ce fût pour moi la révélaton de ma foi.Je devins le frére Jean , prénom si commun que je choisis le silence pour le glorifier.

Publié dans:Non classé |on 20 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

Injures et blasphèmes…

Pour l’étonner je m’achète un costume: diversion de ses mains. Longtemps elle en caressera l’étoffe. Elle en oubliera mon corps. Carapace fragile! Je me nourris de ses désirs, j’écris à n’en plus pouvoir la possibilité de ses retours. Elle revient. Et repart à nouveau. Il faudrait que je sorte, que je me plonge dans la foule. Il faudrait que je vive. Peu à peu je me détache de Sylvie, j’ouvre le livre minuscule de ma vie, je suis perdue a jamais pour une autre histoire…
Je reviens au musée comme un noyé, sans elle! Je m’arrête devant un buste de Camille Claudel. Paul veut la montrer a un prêtre, il croit qu’elle est possédée, le saint ignore tout de l’amour. Rodin vieillit, elle le surprend dans un bordel, il sort, effleure sa robe et ne la voit pas! Camille envoie des lettres : Injures et blasphèmes.
Je répète l’histoire de notre vie, mot à mot, et revit a nouveau…
Je quitte Sylvie et signe mon testament amoureux, je jette à la mer une robe Guerlain, offrande à la muse!
Ne pouvant supporter la solitude j’écris tous les jours et j’envoie par email l’histoire que nous ne vivrons pas.

Publié dans:Non classé |on 18 décembre, 2013 |Pas de commentaires »

La puissance du négatif dans la dialectique de Hegel…

 

 

 

 

La thèse  était posée sur mon bureau, éclairée par la lumière électrique de l’écran du pc. Le jury avait statué j’étais habilité avec la mention très bien. Je pris une gauloise et la fuma, regardant la fumée envahir la nuit. Nathalie frappa a la porte et sans attendre rentra dans mon minuscule bureau ; elle se dandina me collant comme une chatte en manque de caresses. Elle portait le shorty en voile semi- transparent que je préférais avec ses fines bretelles et ses paillettes. Je ne dis rien et de ma main gauche lentement je caressai le derrière de ses cuisses sans la regarder, comme un aveugle. Elle s’appuya de ses deux mains sur le bureau en cambrant légèrement les reins.

-        Lis moi quelques mots  me demanda-t-elle.

J’ouvris le manuscrit au hasard.

-        Pour autant, a été récusée l’interprétation de la dialectique comme  devenir perpétuel ou mobilisme destructeur, qui se résumerait par le caractère simplement provisoire et précaire de chaque position d’être ou de savoir.

Ma main effleura sa fesse là ou finissait la jambe.

-        Encore !

-        Chaque étant en est porteur, car il est un étant et non le tout. La finitude ou détermination est ainsi pensée comme le fait d’être en manque à l’égard de la totalité.

Le coccyx était saillant, je le sentis avec mon pouce,

 

Plus généralement, elle désigne un mouvement de la pensée, qui se produit de manière discontinue, par l’opposition, la confrontation ou la multiplicité de ce qui est en mouvement, et qui permet d’atteindre un terme supérieur, comme une définition ou une vérité.

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Je voudrais que tu me fécondes l’âme, cria-t-il . Dans ses orgasmes il crachait parfois au visage de la femme aimée, elle sourit a son geste et parti dans un gémissement si profond qu’ils s’effondrèrent ensemble.

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Toute ma vie se réalisa en un instant…

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Pendant sept ans, je vécus avec Nathalie…

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Quand je la rencontrai, elle chantait devant le mac Donald, ou je venais tous les jours, près de l’université. Un vendredi, alors que je sortais de la bibliothèque je glissai un billet de vingt dollar dans son chapeau tandis qu’elle entonnait de manière très personnelle héros de Bowie. Elle s’arrêta alors et ramassa le billet en me prenant par l’épaule me proposant d’aller boire une bière.

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J’ai jeté les données immédiates de la conscience par terre, le livre était ouvert sur le plancher, j’ai pleuré…Offense à l’esprit, je veux rendre l’âme, l’esprit c’était déjà fait…

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Nous sommes allés voir le film sur Basquiat, Bowie jouait Andy Warhol, elle voulait devenir peintre…Mais d’abord disait-elle je veux bruler ! Brûler ? Oui je veux marcher sur les braises du monde, écouté

Gueuler le monde, l’espace finie des espaces infinies : elle parlait bizarre parfois…

Moi j’étais plutôt classique, du genre téléphoner a maman tous les dimanches et demander des nouvelles de papa !

A cette époque j’avais une vague idée de la thèse que je ferais : petite idée, un truc compliqué, une vraie prise de tête comme elle disait !

Mais bordel, pourquoi tu es venue vers moi ?

Tu m’en fais de ces silences ma salope ! J’ai appris à me taire avec toi mon amour, j’ai appris à rêver avec toi, à bout de souffle, je suis à bout de souffle …

J’ai des images  de ton cul plein la tête, de ton corps a ne plus dormir ; il y eut une phrase de Hegel que je mis du temps à comprendre, une phrase que j’oubliais. Elle parlait de la dialectique et de son autodétermination dans le négatif même !

Nous étions près de country Streets, tu regardais au-dessus de tes lunettes de soleil les arbres emmurés dans le béton, je regardais ton âme …

Et puis la nuit dans la froideur de ma chambre d’étudiant nous vivions serrés, très serrés… J’accumulais les livres de philosophie avec mon goût prononcés pour les illisibles. Tu mentais sur tes journées loin de moi, avais tu des amants ? Je m’en foutais royalement !

Oh !!! Nom de dieu que ma joie demeure !!! Et des dollars pleins les poches pour te nourrir…

 

 

 

Publié dans:Non classé |on 18 décembre, 2013 |Pas de commentaires »
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