Hommage à Philippe Sollers, écrivain.

Glenn Gould joue une cantate de Bach. Sollers écrit studio. Tu devrais travailler ton piano. Tu excelles dans la capture du réel. J’y suis pour rien. Cette mise en scène ne vaut rien : duras aurait aimé quelque chose de plus récité. J’ai visionné les Rushs, tu n’économises pas la production ! Il y a tout dans tout… Je ne sais pas où j’en suis avec toi. Séverine est repartie ce matin, je lui ai montré Paris-Texas. Elle sera en Birmanie en Juin. Je ne sais pas ce que pense ta mère… La correspondance d’heidegger et Jaspers m’a éclairé sur mon sentiment de solitude. ll y a une lumière étrange qui éclaire mon lit. Quand j’étais journaliste ma femme n’aimait pas mon travail. Je sais que Séverine deviendra Bouddhiste. Karayan. Je ne sais pas où j’ai mis le manuscrit. C’est un acte manqué réussi. Je n’ai jamais rien compris à Joyce. Le jardin du musée est assez grand pour promener le chien.  Et cette musique de Varèse ! J’ai souvent l’impression de vivre pour rien. Tu as pris une part de moi quand tu es partie. Je me suis promené ce matin dans la rue en pensant à Séverine… Séverine Vanel si vous aviez une histoire à raconter dans l’urgence de votre mort prochaine ce serait laquelle ? Il faut sauver Bouddha. Cette illusion, Séverine Vanel, cette illusion que le Tibet sera toujours le pays le plus religieux du monde, est -elle dans vos films ? Je regarde la mer. Prés de moi la fille de Séverine contemple ses chaussures, sa mère revient dans trente jours. Regardons un peu l’oeuvre d’andré Ravéreau, il est absent de toutes ses créations. Peut-on apaiser un égo surdimensionné ? Il y a le plaisir de l’instant. Elle s’est mise à courir et Kant lui a demandé de s’arrêter car il avait une idée. Je me rapproche de toi. Je vais chercher dans ma mémoire comme dans un placard mal rangé. Je crois que Bobby a soif, il faut téléphoner à Sue Elen. Quel créateur de Concept ce hegel ! Y a t’il chez derrida la possibilité d’un Dieu ? Je ne sais pas je suis agnostique. Myriam a pleuré quand son fils a eu le Bac. Je ne cherche pas à exploser la narration mais à en saisir l’origine. Un retour au Cogito ? Je suis incapable d’apprendre.

Il faut se penser mort. Il n’y a que l’abondance du réel qui soit un cadeau. Je suis si bien avec moi-même. La prière est avant tout une technique. Briévement séverine raconte  notre rencontre, elle semble ne pas en revenir. Sa douleur au dos est enfin partie. Je me suis étendue sous elle, ma bouche dans son sexe. Alors le cogito n’est fondé que depuis Husserl ? Michel Berger,votre chanson sur Cézanne est-elle un passage vers le grand art, si je puis m’exprimer ainsi ? Euh…Je veux dire, êtes-vous un passage vers l’oeuvre d’art éternelle? Descartes est peut-être une erreur dans la philosophie. Hier à New york j’ai vu une vache qui s’était évadée d’un camion. J’ai jeté ma télévision et j’ai chronométré mes moments de bien-être dans la journée. Je veux me retirer dans la montagne. Séverine me fait connaître le tibet. La prière est l’activité qui rend l’homme libre. Hurs von Balthasar, dans votre livre dieu et l’homme d’aujourd’hui, vous semblez annoncer l’ouverture de la théologie vers une écoute plus profonde de la philosophie, mais vous n’oubliez pas qu’il a fallu des siècles entre Aristote et D’aquin ? Ah ! Ces médicaments qui tuent !L’épreuve : l’écriture comme l’incapacité de s’en sortir ! De qui ? De quoi ? De soi évidemment ! Sous la lumière de sa table de nuit Séverine a caché ses manuscrits lourds ! Aïe !aïe je suis en plein dans les orties. Je passe un moment avec cette actrice de porno que j’ai choisie pour mon film : elle ne comprend rien à rien. Hier j’étais à Lourdes pour les repérages, sonie a prié. Nous nous sommes étendues sur le sable avec Séverine pendant que la petite dormait sur la serviette. J’ai courru aprés le train pour donner à paul son agenda qu’il avait oublié. Nous avions décidé d’éteindre le projecteur quand tu rentrais sur scêne, tu n’as rien compris au dialogue, rentre chez toi ! Van gogh doit être plus heureux à cet instant, tu le joues trop distencié !Je reçois un cadeau d’un éditeur : un livre de Balzac, je ne le lirai pas. Des sentiments, du psychologique, vous devriez relire vos classiques !

Oui c’est ça ! J’ai dormi à Auschwitch ! L’illusion de croire que la littérature s’est libérée du classicisme.

J’ai mordu la main à ma dentiste. J’ai beaucoup pleuré quand tu es partie…Séverine arrête de me quitter ! Ils ont fait péter le World trate Center. L’orage a frappé, illusion de puissance. Je ne m’emporterai plus avec toi, je m’en vais !Prendre la voiture. Marcher le long d’une plage. Je ne t’écrirai plus des lettres d’amour. Donne moi à boire. Ca tient comme un château de cartes. Je la regarde, elle se meure. L’hiver sur la montagne, image d’épinal. Je l’ai couchée sur le divan. L’enfant tremblait de fièvre. J’ai appelé à l’aide, seul l’écho m’a répondu. Sur le bateau qui l’a ramenée d’Alger, elle a cru revoir sa mère, morte 20 ans avant. Bergson : matière et mémoire. Et puis en finir . Mishima, la douleur du sabre dans le ventre. Je sais, la mer ne se souvient de rien. Il y a de Portzemparc qui chantait sous la pluie. Et dutrillo qui composait un poème. La maison du sourd : il porte sa chemise de nuit, il caresse les fesses de la servante en longeant le mur rempli de dessins qu’il peindra plus tard. Ma femme ne m’admire pas, elle se fout de tout ce que je peux faire. Althusser, une pensée, une action ! Et reverdit le printemps jusque dans la beauté de séverine qui est revenue de Birmanie; elle prend sa fille dans ses bras et nous embrasse tous les deux, c’est la fête… Allez, allez…la dernière parole de ma mère avant de mourir : Nous serons seuls un jour… Effaçons les derniers textes qui encombrent notre esprit…Un nouveau souffle… L’autre en amont… Je me réfugie dans une église… Je pense à Dieu… Je lui ai pris la main et j’ai pleuré. Et le bonheur c’est possible ? Oui, à condition d’éteindre la télé… Il y a des feuilles aux arbres, Séverine me chuchotte à l’oreille : tu viens dans la chambre ? Je lui saisis la main et cueille un peu de chanvre. Nous arrivons devant le lit ; elle m’empêche de me coucher et se met à genoux.

 

Loin, je sais que tu es loin de moi, si loin. Dompte moi et j’enlèverais mes mains de ton cou.

Je me souviens. J’ai répété son nom des dizaines de fois avant l’intervieuw : Séverine Vanel,Vanel Séverine, Séverine,Vanel. Le vin que je bois me ferait vomir. Une dose de morphine, je crois que je vais mourir…Il est cinq heures à l’horloge, l’église est éclairée comme jamais. C’est un matin comme tous les matins, mais c’est mon matin, l’infirmière a raté la veine, la morphine me brûle, je passe ma main sous sa blouse, elle sourit mais ne dit rien… Je vomis sur elle, elle m’embrasse…

Eclairez-moi ce théatre on dirait un cimetière ! Ton film est aberrant, il cultive le mauvais goût et put la pornographie ! Ca fait longtemps que je ne vais plus sur scêne. Valère Novarina n’a plus qu’à défendre De Funès. Moi je me retire, je vous déteste tous, crie-t-elle en descendant de scène.

Lumière sur une ville du Sud : Je bois un verre sur la terrasse du Goya, la serveuse me prend pour un écrivain, c’est bien la seule ! Séverine risque sa vie à Lhassa et moi je fais des  papiers sur le club de Yoga du quartier… Je ne veux plus que tu partes … J’ai peur pour toi Séverine…Ton sentiment éthique mine notre couple… Je crache à la gueule de la Chine populaire…à peine écrite cette phrase je vérifie si ma porte est bien fermée… Le téléphone sonne… Séverine au bout du fil : tu me manques, comment va alexandra ? … Elle dort, ne t’inquiète pas, quand reviens-tu ? Pas de réponse ! Je m’endors le combinet à la main…

Nous restons des heures à regarder dormir la petite. David Neel dans la cité interdite. Séverine a voulu ce prénom pour sa fille. Je décompose la narration, je réecris mon livre phrase par phrase pour casser son rythme et sa logique… A l’autre bout de la terre un violent tremblement de terre, prés du monastère de Belloc : une brise légère.

Le regard satisfait de Picasso. Kanthweller regarde sa montre. Je compose pour toi. Elle surgit comme un coup violent donné par derriere. Il la regarde. Elle se sait regardée. Nous avons tellement pensé à la même chose, que nous ne savons même plus ce que c’est : la même chose ! Tu passes ton temps à écrire. Pourquoi écrivez-vous ? Rictus et clin d’oeil. L’autre maison est habitée  par une prostituée qui a choisi de finir ses jours avec un peintre. Et plus loin le lac où elle s’est noyée. Je me souviens. J’ai tellement de souffrances que je ne manque de rien. Place du capitole une femme passe, je vois le début de ses seins, ne connaitrais-je  jamais le plaisir ? Au revoir. J’habite depuis peu un village de 100 habitants, je suis le même ici et partout. Ce n’est pas vrai, la montagne que je vois me comble de joie… Et puis personne pour me demander ce que je fais ! Et d’ailleurs qu’est ce que je fais ? Rien, je me lève, prend un verre, je fume et je m’endors sur le canapé.

Elle arrive le Week-end, porte toujours ses jarretelles blanches et nous nous épuisons au lit. Je regarde la montagne. Elle me saisit par le bras : “ je pars dans deux heures ! Arrête d’écrire, occupe toi de moi ! ” Nous longeons la rivière, il fait si froid qu’il me tarde de rentrer…

 

 

 

 

Publié dans : Textes courts... | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

L’effondrement de Nietzsche….

Le onze janvier 2009, j’étais descendu dans la vallée pour acheter du matériel de peinture. J’avais tellement travaillé pour les fêtes que beaucoup de choses me manquaient.

Dès l’ouverture du magasin je rentrai dans la petite boutique un sac à la main. J’eus dès le début une étrange impression : je ne reconnus pas le lieu, bien que je vienne depuis plusieurs années régulièrement.

Quelque chose avait changé; tout semblait à sa place au premier regard mais une impression étrange  m’envahit, cela ne venait pas des objets : peinture, couleurs, toiles, tout été à sa place mais… je me souviens maintenant du parfum qui avait envahie l’espace, je le reconnus dès mon entrée.     Ce parfum me fît en une seconde revenir à des souvenirs d’adolescence et l’image d’Arielle me revint à la mémoire.

elle était à ce moment-là si présente que j’eus des larmes aux yeux. J’étais si troublé que je sortis dans la rue pour faire quelques pas.

Je fus envahie d’un désir de repenser à elle. En un instant je me mis à la regretter.

 

Je m’en voulais de notre séparation, mais était-ce moi qui était partie ou bien elle qui m’avait quittée ?

Ces questions m’envahirent avec une telle force que je pris conscience que je vivais seul depuis plusieurs années. À cet instant la solitude me pesa et je repensai a la phrase d’une cousine qui m’avait hanté pendant très longtemps : «Tu finiras seul… »

 

En effet, pensais-je, j’ai réalisé ce que j’avais pris longtemps comme un sort que l’on m’aurait jeté, une prophétie maléfique, une épitaphe sur mon front qui ne pourrait s’effacer : j’étais seul et cela depuis longtemps !

Le souvenir du parfum d’Arielle  en était la preuve, elle avait été mon dernier amour.

J’avais bien vécu avec Laura pendant treize ans mais tout au long de notre vie commune je n’oubliais jamais ce qu’avaient été mes sentiments pour Arielle et c’était même à cause d’eux que j’avais quitté Laura, me disant que je ne l’aimais pas vraiment et qu’elle était plus une compagnie qu’une compagne !

 

_ “ Vous avez oublié votre sac Monsieur. ”

 

Je me retournai honteux d’être parti si loin dans mes pensées.

 

_ “ Oh pardonnez-moi je suis honteux, j’avais une course à faire et j’ai complètement oublié où avais-je mis mon sac, je suis vraiment idiot, pardonnez-moi ! ”

_ “ Ce n’est pas grave, monsieur, mon patron m’a dit que vous veniez souvent et que ce sac n’était pas perdu, mais moi j’ai préféré vous courir après… ”

 

Elle reprit son souffle et ajouta:

 

_ “ Vous avez aussi oublié une esquisse, elle est sur le comptoir, voulez-vous que l’on vous l’encadre ? ”

_ “ Une esquisse ? Vous dites ? Vous devez faire erreur, je n’avais rien d’autre que ce sac ! ”

_ “ Vous êtes le premier client et personne à part vous n’est rentré dans le magasin ce matin ! ”

Ne sachant que dire je rentrai avec elle dans l’échoppe. Elle me tendit une feuille à dessin enroulée d’un ruban noir. Le ruban m’apparut d’un goût naïf mais je le dénouai par curiosité pour voir ce qu’il cachait…

_  “ Qui a fait cela ? ” m’écriai-je, sans réaliser la violence de mon expression.

Ce qu’elle avait appelé une esquisse représentait en réalité un buste de femme dessiné au crayon, la tête penchée sur l’épaule droite. Cette femme avait les yeux fermés mais ne semblait pas dormir d’un profond sommeil, j’avais la sensation qu’elle pouvait à tout moment m’apparaître éveillée !

_ “ C’est bien à vous, monsieur, ” reprit la voix de la jeune vendeuse qui m’avait surpris dans la rue.

_ “ Non mademoiselle, je n’ai jamais fait un si beau dessin, ” lui dis-je avec sincérité.

 

Elle sourit et me prit délicatement la feuille des mains.

_ “ Ce n’est pas grave, reprit-elle en posant le dessin sous son comptoir, la personne qui l’a déposé ici viendra la récupérer, elle n’est pas perdue ! ”

_ “ Ce dessin m’intéresse, que l’on me dise son prix et je l’achète, voulez-vous,  je vous prie, faire part de ma proposition à l’artiste qui l’a réalisé; au moins si il appartient déjà à un client…que l’on me donne le nom du dessinateur ! ”

_ “ Oui monsieur, je m’en occupe et je vous le dirai dès que j’apprends quelque chose, si vous le voulez je vous appelle, je crois que monsieur Oury a votre numéros de téléphone ? ”

_ “ en effet, contactez moi dès que vous le pouvez, je suis toujours chez moi ! ”

 

Je remplis mon sac de fournitures, pris quelques toiles et sorti dans la rue rejoindre ma voiture.

Je m’empressai de quitter la vallée pour rejoindre la montagne et retrouver ma maison et mon atelier.

Pendant deux jours je ne quittai plus ce dernier, ni le jour, ni la nuit, essayant de reproduire de mémoire le dessin que j’avais vu.

Le troisième jour je m’effondrai dans le petit lit qui servait de canapé laissant trainer par terre des dizaines d’esquisses qui pour moi ne valaient pas l’original.

 

Dans ma mémoire je vécus cette expérience comme un effondrement : pendant trois mois je ne peignis plus.

Je m’empressai de détruire toutes mes tentatives de reproduire cette femme endormie, ne gardant qu’un dessin se rapprochant le plus de celui dont j’avais le souvenir !

Pendant les premiers jours où je n’arrivai plus à peindre, croyant à une fatigue passagère, je me retirais dans ma bibliothèque.

Les premiers temps je la parcourais des yeux sans me décider à choisir un seul livre et un matin je fus attiré par un titre : L’effondrement de Nietzche.

J’eus peur.

 

Etait-ce bien un effondrement que je me disais vivre ? Finirais-je comme le philosophe à lire les livres à l’envers et à me jeter sur le premier inconnu que je croiserai dans la rue ?

Podach, l’écrivain de l’ouvrage me rassura vite : je n’avais rien d’un grand fou !

 

Malgré tout je passai mes journées à trainer en robe de chambre dans la maison, ressentant du dégout à l’idée de reprendre un pinceau, j’étais même devenu violent dans mes jugements sur moi-même et ma peinture.

Je m’imaginais faire un grand feu pour  jeter tous mes tableaux !

 

En moi une violence extrême m’envahit qui, heureusement, ne s’est jamais traduite en actes, sinon je pense que je ne serais aujourd’hui plus de ce monde !

Bien qu’un matin je pris un couteau et je rentrai dans l’atelier, saisie une toile vierge et la lacérerai de plusieurs coups ; je ressortis aussi vite que j’étais rentré plus honteux qu’apaisé !

Alors que je regardai fixement la lame, la sonnerie du téléphone me surprit et je repris mes esprits essayant d’être le plus naturel possible pour répondre :

 

_ “ Allo, monsieur Congar ? Yves Congar ? ” Reprit une voix féminine que je ne connaissais pas, “ je suis Mireille la vendeuse du magasin où vous achetez votre matériel de peinture. ”

 

Etonné je ne répondis rien et laissa la voix parler :

 

_ “ je vous appelle au sujet de l’esquisse, j’ai retrouvé l’artiste qui a fait ce dessin, il s’agit de mademoiselle Husserl; habitant dans notre ville, elle serait très honorée de vous rencontrer et de vous vendre son tableau, voilà son numéro de téléphone… ”

 

Je notai le numéro à même le mur et remercia du mieux que je pouvais la jeune vendeuse; je raccrochais et reprit le combiné pour faire le numéro qui salissait la tapisserie !

Une voix a peine audible, comme sortant du sommeil, me répondit:

 

_ “ Oui ! ”

_ “ Je souhaiterais parler à mademoiselle Husserl. ” je ne pouvais cacher mon anxiété et ma voix se troubla :

“ Je suis monsieur Congar, je vous appelle au sujet de l’esquisse, en fait, le dessin… ” .

_ “ Très honoré monsieur Congar, je suis Mévéna Husserl, c’est moi-même qui ai réalisé ce petit dessin et j’ai été surprise qu’un peintre ayant votre talent s’intéresse à une chose aussi insignifiante…. ”

_ “ Pardonnez-moi, mais nous avons des noms et des prénoms que l’on ne peut oublier ! Etes-vous descendante du philosophe Husserl?

_ Et vous du théologien Congar ? ” Reprit-elle en riant ?

_ “ Je vous rassure, je ne suis pas son fils dis-je en souriant. ”

_ “ Et moi une descendante lointaine pour me rajeunir ! ”

_ “ Votre voix est jeune mademoiselle ! ”

_ “ En effet, j’ai 28 ans et ma mère était la petite fille du philosophe, c’est une tradition de garder ce nom dans la famille ! ”

_ “ Aux choses même, mademoiselle, j’aimerai vraiment voir votre travail ! ”

_ “ Je connais bien vos peintures et j’ai vu plusieurs expositions de vous, c’est donc vous seul qui découvrirait mon travail ! Venez donc à mon atelier, quand vous le voudrez. J’y travaille toute la semaine et parfois même le dimanche ! ”

_ “ Si vous le permettez, je passerai cette semaine… J’ai des achats à faire en ville… ” ajoutai-je pour cacher mon impatience…

 

Je n’ai gardé de ce premier contact que le numéro sur le mur. Les moments qui ont suivi ce coup de fil, j’aurais tant aimé les oublier ! En effet me croyant guérie, je me réfugiai dans mon atelier et me mis devant une toile blanche, rien ne vint et même je tombai sur le lit en pleurant ne pouvant dessiner une ligne…”

 

 

Pendant des jours j’errai dans l’atelier toute fenêtre fermée, ne me lavant plus, dormant à peine et enfin je ne sortis plus du lit, me nourrissant de ce que j’allais chercher parfois comme un voleur dans la maison et que je déposai au pied du lit pour ne plus le quitter !

Vint le jour où je devais aller à la rencontre de Mévéna.

Je ne sais comment j’arrivai à me sortir du lit et faire ma toilette pour être présentable, mais après un énorme effort je me retrouvai sans savoir comment à frapper à la porte de son atelier.

Une jeune femme en salopette de maçon m’ouvrit la porte :

 

_ “ Ce n’est pas la peine de vous présenter monsieur Congar, je vous ai déjà vu, ” me dit la jeune fille qui m’accueillit.

 

Elle me fit entrer dans un atelier qui ressemblait à un hangar désaffecté avec des poutres apparentes au plafond, un immense canapé vert et deux chaises à même le sol en terre.

Je la vis, non pas elle, mais bien l’esquisse qui était posée sur la petite table.

Je m’effondrai sur le canapé car j’avais des vertiges de ne pas avoir assez mangé !

 

_ “ Ce canapé est trop confortable ” me dit-elle en riant me voyant m’assoir lourdement, croyant que c’était dû à la profondeur des coussins.

 

Je me souviens que je me mis à parler de ce “quelque chose” qui n’était pas vraiment le sommeil dans son dessin, qu’il y avait comme la métaphore de l’impossible éveil de beaucoup de nos contemporains et peut-être même de tout homme depuis toujours. Et si nous étions tous endormis sur un chemin que nous parcourons les yeux fermés tout au long de notre vie sans oser se réveiller de peur de la souffrance que cela entraine…Mais se réveiller à quoi ?

Ainsi je concluais ma longue description du tableau que j’avais devant les yeux. Je me souviens d’un long silence et d’une admiration commune qui est née à ce moment précis.

Elle ne répondit rien mais son visage s’éclaira avec une telle intensité que je crus voir le modèle de l’esquisse se réveiller d’un coup par un simple claquement de doigts !  Nous sommes restés longtemps assis et ce que nous nous sommes dit n’appartient dorénavant qu’à nous …

 

Nous nous quittâmes la nuit tombée en nous donnant rendez-vous le lendemain dans mon atelier.

Cette nuit-là le sommeil ne vint pas, je pris dans ma pharmacie quelques calmants qui me mirent dans une euphorie apaisante, je rangeais au ralenti mon atelier et je crois, grâce aux médicaments, je ne ressentis ni haine ni violence à voir ses toiles entassées au mur auxquelles je n’avais pas touchés depuis plusieurs jours.

 

A l’approche du jour je mis à penser à tous ces peintres académiques célèbres en leur temps mais complétement oubliés aujourd’hui.

Ma peinture avait du succès comme me l’avait rappelé Mévéna, mais je savais que toutes mes œuvres n’avaient jamais atteint une telle profondeur comme son dessin.

J’eus cette idée comme une révélation sans aucune rancune, mais avec l’assurance que je pouvais apporter à Mévéna  de par ma maturité pour ne pas dire mon expérience des points de vue dont elle aurait besoin peut être pour approfondir son travail : avec cette idée me vint pour la première fois l’idée que je ne peindrai peut être plus jamais pour me consacrer à l’enseignement !

Il était peut-être temps pour moi de transmettre quelque chose …

 

  

Publié dans : Non classé | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

La ville Atlantique…

je regardai la mer. J’avais explosé ma vie grace à L. Je m’étais installé ,seul, la peur au ventre dans une ville atlantique. Mon appartement n’avait comme mobilier qu’un canapé ,une table basse et une bibliothèque. Nous allions  vers la catastrophe,je le savais, elle l’oubliait! J’imaginais en lisant Mishima un suicide rituel…Un soir apeuré, je me dirigeais vers une pharmacie, pour acheter une lame de rasoir. La pharmacie était fermée!
Etendu à même le sol je pensai a L . Le téléphone sonna ,L me demanda mon adresse,J’arrive me dit-elle! Je mis en quelques secondes de l’ordre dans mon studio et regardait par la fenêtre.
Elle parlait avec les mains,m’effleurait ,baissait les yeux. Violemment attiré ,je lui passai la main dans les cheveux:
_ NON,il ne faut pas, je ne suis pas venue pour ça!
Je m’approchai et la prit entre les bras,elle pleura… Ce soir là j’ai pris la femme d’un autre;j’ai en mémoire l’épaisseur de son corps lourd et la douceur de ses mains!J’ai la mémoire d’une vague,de tout mon etre je l’ai aimé!

J’ai eu l’idée de l’amour,jusqu’à détester l’amour…Plus rien n’est beau sans elle…Je lui mens pour la rassurer…Je ne serais jamais un homme!
Toute ma vie est une femme.Elle a tous les visages,toutes les beautés , toutes les disgrâces.Elle m’a fait respirer, me lever quand j’étais tombé,je ne vivrais plus sans L. Puisque je ne serais jamais son homme,je me fous du passé et avance seul dans la rue de cette ville Atlantique.

Publié dans : Non classé | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Elle…

j’avais l’illusion d’être vivant. je connus Martine le lendemain de la st valentin. Elle possédait un commerce à Biarritz,j’étais pauvre. Dans sa jaguar , j’avais la place du mort. Lors de notre premier flirt je l’ai assise doucement sur le levier de vitesse, elle a joui si fort que je me suis promis de recommencer.Depuis  elle ne voulait jamais m’aimer que dans la  voiture;Nous roulions la nuit sur les routes de bord de mer a la recherche d’un coin tranquille .
Je rentrai tard dans mon studio,L m’attendait de l’autre côté de mon écran.Je devais tout lui raconter,chaque expression du corps, chaque mot hurlé.Je sentais ces frissons a chaque point d’esclamation, n’y résistais pas, inventais souvent, dormais peu!
Mon frére se maria le lendemain de ma rencontre ;Je n’étais pas invité…
la jolie et jeune bourgeoise qu’il épousa plut a ma mère. L. ne sut jamais combien elle était détestée… mon analyste, un Lacanien aigris ,sursauta:Votre mère est jalouse d’L, c’est évident!
L. cracha par terre quand je lui comptais le corps de martine, sourit quand je lui dis que j’allais me fiancer. Souffrant alors d’une sciatique,L. se déplaçait en fauteuil roulant,que je poussais me trouvant enfin utile.
Pour la combler , au début de notre relation je devins soumis; elle lacérait mon dos avec une feuille de thin qui parfumait nos nuits. Elle m’accrochait au rideau et frappait mes genoux.
Un jour n’en pouvant plus je m’accrochais a ses cheveux et la jeta par terre!Elle se releva !Je lui cria: chienne !
et porta mon pieds a son ventre,en hurlant que j’étais son maître!
Depuis L. ne me quitta plus.
avant Martine L. me présenta une amie qu’elle disait être très influente dans le milieux des marchants d’art . Sous l’ordre d’L. je devins son amant. Je le devins tellement que L. l’écarta de son cercle d’amis.
Séverine, ne résista a L. que trois semaines car je l’avais rencontré par ma seule volonté ne demandant rien a L.
Philippe, n’eut pas cette chance ,il mourut quelques jours après notre rencontre!
L. était douce comme la vague. L. était exclusive. L. était l’amour de ma maturité!
Un soir de septembre, je la pris dans mes bras car elle pleurait au  beau milieu de la rue. Lentement je la dirigeais vers un bar pour lui offrir un réconfort.Nous nous revîmes au hasard des expositions que je réalisais a Biarritz,mais nous sortîmes ensemble qu’ au mois de juin de l’année ‘d’après!
Son amour pour moi dura trois jours.Le mien dure toujours!
Elle me voulut son ami car elle ne pouvait souffrir la solitude de son mari. J’acceptai ne pouvant me sentir loin    Martine s’éloigna de moi avec autant de douceur qu’L envahissait mon esprit…de retour dans son foyer croyant faire oublier son escapade L. reprit la maison en charge. Elle s’occupa de la scolarité des enfants , réorganisa la maison qui l’avait fait fuir,prit en charge les soirées de son mari ou elle apparaissait comme incontournable a tous ceux qui voulaient l’approcher.
elle m’appela parfois au téléphone,ses paroles étaient rythmées de silences  traduisant sa vie ennuyeuse!
Avec le peu d’énergie qui me restait ,je m’évertuai a lui raconter mes journées,que je disais riches de rencontres et de nouveautés,je ne faisais plus rien et ne lui disait pas!!
la nuit précédente, je décidai de partir, de quitter la ville .
On frappa a la porte, je n’attendais personne et fît le mort un instant pour ne pas qu’on insiste.,sa voix brisa mon silence!
Le matin alors qu’elle dormait je sortis pour acheter du thé et quelques fruits de saison.
Elle se réveilla affolée et s’habilla en oubliant de déjeuner.
Ne sachant quand elle reviendrait, je m’enfermais chez moi pour l’attendre.Elle ne revint que six jours après,j’étais méconnaissable…
Quelques mois plus tard L. et son amant se jetèrent d’une falaise, on retrouva leurs corps accrochés l’un à l’autre…

Publié dans : Textes courts... | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Le disciple que Jésus aimait…

Si nos prénoms sont criés par un Dieu et entendu par nos mères,je suis allemand!
Ma mère me racontat souvent que mon père prisonnier français a berlin en raison de son origine juive, fut libéré grâce a sa relation aux milieux psychanalytiques. C’est ainsi ajoutait-elle que je me retrouvai a berlin en plein conflit allant chercher ton pére qui sortait de prison , dans un hôtel sordide tu as été conçu car il était le plus proche. J’entends  encore son rire de vieille femme au corps lacéré par le temps et la souffrance de sa perte.
 » Le faire de notre peuple est un faceré , un fascisme diront les esclaves ,la main droite de notre fuhrer travaille l’âme du peuple arien,il fertilise le ventre de nos femmes… » Il éteignit la radio et se re coucha prés d’elle. Il lui mumura :ce matin , au creux de tes reins , j’ai entendu la voix de dieu qui m’a murmuré que le guerre était finie!
Dans le couloir une femme cria :
-Yann, reste dedans, tu vas te perdre si tu vas dans la rue, tu es un petit français, pas un allemand!
Elle répéta le prénom entendu  jusqu’a son lit  pour ne pas l’oublier.
ainsi,je fus nommé pour la premiére fois!
Plus tard , bien plus tard alors que je me préparais a rentrer au monastére,le pére supérieur me dit de sa voix forte : »voilà le disciple que Jésus aimait » ce fût pour moi la révélaton de ma foi.Je devins le frére Jean , prénom si commun que je choisis le silence pour le glorifier.

Publié dans : Non classé | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

La naissance du monde…

L’idée de la mort de Jeanne me traversait souvent l’esprit . Elle qui était toujours en excellente santé ,tomba malade .  Mes vacances je les passais a son chevet. Son corps était pour moi aussi attirant qu’avant. Une nuit, alors qu’elle dormait profondément,je fis glisser le drap et voyant ses seins ,je me masturbais amèrement… Sa maladie qui ne fût pas mortelle,la cloua au lit pendant treize ans. et pendant toutes ses années ,chaque nuit je faisais jouer mon désir…
Dans les premiers temps je ne faisais que la regarder endormie . Le plaisir volé me donnait une complète satisfaction et je ne n’imaginais rien d’autre.
Une nuit je me glissai dans son lit et ressentie  l’envie d’aller plus loin. Son corps moite ,sa respiration profonde ,me firent imaginer que j’étais libre d’elle. Libre de jouer,libre d’en jouir. Je sortis du lit après avoir découvert sa nudité et je me saisis de mon appareil photo… Pour ne pas la réveiller,j’éclairais la chambre d’une lumière a peine perceptible.
A son réveil, je descendais a mon ordinateur pour visionner les images,que je travaillai alors selon mes envies.
Les premiers mois je réalisais une série que j’appelais : »la naissance du monde » En effet tous les clichés se portaient sur son sexe ;J’écartais ses jambes et le bombardait des lumières de mon flash…Plus tard je changeais de technique et passait a la micro photo pour rendre expressive sa touffe…
J’aimais tellement ses représentations de sa nudité que j’en oubliais de me caresser.
Plus tard je la retournais sur le ventre et éclairait son dos… Alors que j’étais a mon appareil prés pour commencer une nouvelle série, son chat »pamplemousse »monta sur le lit . De mes mains j’essayais de le remettre à terre mais il revint comme attiré par la chaleur du corps de Jeanne. Je pris ce hasard comme l’expression  d’un choix esthétique:pamplemousse se coula sur ses fesses nues,j’en saisis l’image!
Au cours de la deuxième année de sa maladie ,le médecin demanda des examens qui nécessitaient une hospitalisation de trois semaines. Je profitai de l’absence de Jeanne pour exposer mes photos dans une galerie dont je connaissais la propriétaire.
L’événement fît grand bruit dans la petite ville et je fus obligé de cacher à Jeanne le journal local pour ne pas qu’elle vit sa nudité exposée au grand jour.A la fin de l’expo , alors que je décrochais mes photographies,je vis rentrer dans la salle une femme dont la stature me fît penser à une peinture de  Rembrandt. Nous parlâmes pendant trois heures…
Cette personne que j’appellerais L. pour ne pas révéler son nom puisqu’elle est aujourd’hui influente dans la ville, devint mon modèle…     Lors de la dernière séance , alors que je préparais la toile de fond pour faire les ultimes prises ,je me blessai le doigt et le sang se mit à couler;De sa main elle  prit la mienne et la porta a sa bouche pour sucer la plaie; Ce geste me fît chanceler .
Pour la dernière fois elle m’offrit la vision de son corps. Pour la première fois en guidant ses pauses je la caressai poussé par un désir que je ne pus refréner/elle s’allongea sur le sol ne portant que le haut de ses vêtements et ouvrant ses jambes elle m’attira avec un extrême légèreté sur elle . Je fus pris par une sensation de glisser sur une vague et la jouissance qui en suivit me fît crier…
A le raconter ainsi on pourrait croire que L. avait décidé en un instant de poser pour moi ;En réalité de longues discussions et beaucoup de doutes précédèrent sa décision…L. sortait d’une grave dépression ;L. ne me raconta que tardivement ce  que je me permets dans l’anonymat d’écrire aujourd’hui…    avant de commencer mon récit je m’étonne encore de la confiance que me montra L. En me racontant cet événement de sa vie; Qui suis-je pour elle ? le passeur de mon âme me dit-elle un jour en souriant. Elle me vit ainsi dés lors que je lui demandais de poser pour moi. Elle refusa d’abord et me dit qu’elle ne se voyait plus telle qu’elle était. Depuis deux ans je suis une autre ,ajouta-t elle….Je ne connais plus la femme que j’étais et qui encore me hante comme une ombre,je mène un combat contre ce double que je déteste! Quand elle  se mettait a parler ainsi je ressentais d’abord une peur qui m’empêcha au début de la rassurer. Puis avec le temps je me mis a parler du corps malade de Jeanne ,ceci la toucha et elle me fît une confidence sur l’origine de son mal ! Au cours d’une fête de mariage a laquelle elle participait elle fût filmée par un membre de sa famille qui quelques semaines après lui proposa de visionner avec elle le film,elle accepta curieuse de se voir. Quand elle vit sur l’écran que le film était terminé elle demanda a se lever et alla dehors ou elle perdit connaissance!
Prétextant une fatigue passagère elle ne raconta a personne la raison de son évanouissement, c’est a moi et a moi seul qu’elle se confia:Elle commença par me dire, je ne reconnus pas qui était celle que l’on voulu me faire voir!je ne me suis pas reconnue au cours du film , pas une seconde j’aurais pu dire comme un enfant qui se voit:c’est moi!… Elle ajouta :depuis deux ans je cherche mon image sans jamais voir autre chose, qu’elle, qui n’est pas moi!
Plus tard elle me confia qu’elle eut pour la première fois une vision ou elle se reconnaissait grâce a mon exposition et donc au corps de Jeanne! Ainsi je compris pourquoi elle s’intéressait tant à moi et a mon exposition
Au cours de la dernière séance de photo que je fis avec elle ,elle sembla absente et me demanda même de la déshabiller pour choisir la partie du corps que je voulais photographier! EN découvrant son épaule je vis qu’elle avait un tatouage représentant deux papillons : étonné de cette découverte je passai la séance a photographier son épaule,chose qui la mit en confiance… Pendant les jours suivant elle découvrit son corps sans jamais en montrer sa nudité entière,ce qui me permit de faire des séries sur chaque partie, me rappelant ce que je fis avec Jeanne…

Publié dans : Textes courts... | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Le refuge…

En août 2003,  le juge Michel de Dax me fit interner a l’hôpital psychiatrique de Pau dans les Pyrénées atlantiques . Je venais d’agresser physiquement ma compagne qui ne porta pas plainte ce qui me protégea de la prison. Ma vie a l’hôpital durant la première année , je la passai dans le service du docteur Senna qui s’occupait des schizophrènes dont le diagnostiques semblait prévoir une possibilité de retour a la vie normale. Le médecin me trouva  un petit travail dans la bibliothèque de l’hôpital sous la surveillance d’une infirmière que je tutoyais rapidement en l’appellent de son prénom :Martine.  Celle ci me forma a  la gestion informatique du stock de livres.Grâce à elle je pus me procurer un ordinateur portable,avec une clé trois G, me permettant  virtuellement de m’évader de l’hopital.
Le plus clair du temps ,quand je n’étais pas à la bibliothèque,je tchatais sur des sites de rencontres. J’étais saint Paul,pseudo que j’avais choisi en lisant la biographie du saint sortie la même année. en effet celui-ci m’apparut comme à l’origine de la communication contemporaine ,et je pensai que l’informatique aurait été son principal outil s’il avait vécu a mon époque. Le docteur Senna ,me fît remarquer que ce dernier était un grand misogyne .
Ce qui ne me déplut pas!
Pendant les premiers mois de mon internement j’étais en contact direct avec l’épouse du Christ qui d’une voix suave me parlaient à l’oreille lors de longues conversations dont l’équipe médicale ne pouvaient se douter puisque je n’en parlais pas!
je profitai alors de la bibliothèque pour enrichir mon monde intérieur de connaissance biblique et théologique afin de mieux connaitre celle qui m’accompagnait .
Les médicaments firent leurs effets , les hallucinations auditives s’apaisèrent et mon intérêt théologique pour la sexualité christique disparut…
Martine monta sur le tabouret,elle poussa un cris. J’accourus alors et je me retrouvai dans ses bras. La bibliothèque devint notre chambre, le corps de Martine ,mon refuge…

Publié dans : Textes courts... | le 20 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Méta-physique…

De tout j’ai grande lassitude. De l’atrocité des mondes bas et de ceux d’en haut. Quoi dire ? Que vomir me fait du bien. Je dégeule un liquide verdâtre qui ressemble au pire : crever ne me fait plus peur, la mort n’est qu’un voile !

Situation de l’écrivain au moment où il commence ce texte : paisible, mon style me revient, rempli de quelques grossièreté dont je théoriserai plus tard l’importance…J’ai fait caca ce matin, déjection matinale, purification, sensation de légèreté…Il a fait caca ce matin me rappelle ma voix intérieure. Ce goût du détestable, me parait l’expression la plus intime de ma création littéraire, oui en effet j’ai l’ambition de l’écriture…

-Et quoi de plus me demande ma psychanalyste ?

Cela fait bientôt quinze ans que j’oublie de vous dire que je veux être écrivain !

- vous êtes le spectateur de votre propre phantasme ; Vous vous voyez écrivain, mais que voyez-vous vraiment ?

-Je vois le soleil en pleine nuit dans une maison de campagne, et puis je ne vois plus rien, tout devient flou donc théorique…

Je broie mon doigt dans ma bouche et ajoute : vous savez que je viens de la philosophie, j’en viens pour essayer de la détester…

-Il est facile de haïr, mais pourquoi la philosophie ?

Parce que le dieu de Socrate voulait qu’il écrive des tragédies et mon dieu a moi il veut que je sois philosophe, ce con !

Mais putain depuis quand le discours analytique doit-il être logique ?…

Nous marchons maintenant dans le cloitre des jacobins, ma psychanalyste me prend par le bras .En fait avec elle je ne manque pas du phallus car profond je voudrais bien lui mettre à l’ instant où elle m’effleure le bras. Je manque du clito. Oui en effet c’est ma petite théorie : la manque clitoridien, je vous en ferais part plus tard, si vous me lisez, justement !

Alors donc je suis dans le cloitre des jacobins, j’oubliai de préciser que nous avions quelques amis communs avec cette chère analyste , et que depuis quelques années ces amis tombent comme des mouches ,ils meurent tous l’un après l’autre ! Dans mes moments de désespoir, quand la littérature me parait une vaste entreprise de morveux libidineux, je m’imagine auteur de polards ! Celui la commençait bien : un narrateur névrosé, enquêteur par amour de son analyste  qui cherche un tueur parmi les clients de cette dernière !

De la hauteur, du vent   et osons, quittons ces sous-ensembles flous et transgressons la bonne vieille littérature. Lecteur, mes lectrices ! Je veux vous aimer jusqu’à l’orgasme, jusqu’à l’oubli d’être né !J ‘ai encore abusé des antidouleurs, mon corps , ma blessure…

Je remonte ma main sous sa jupe, elle dort ou fait semblant. Si tu continues j’avorte, elle ouvre les yeux en hurlant !

Remettons nous au travail, le monde peut bien attendre et mes désirs aussi !

Sur mon bureau une lettre de ma fille qui parcourt l’Europe à la recherche d’elle-même. Je l’aime cette petite conne…Son vieux père n’a jamais quitté son bled de province…Ce dernier a pourtant des visées ultra mondialiste.

 

Je marche d’un pas pesant sous le soleil de juillet, ma petite ville, ma prison est irradiée de soleil, O  astre d’en haut !

Et la nuit sera fraiche, elle sera douce aura l’odeur des nuit de création… Mieux encore que le sexe…Je divague, ça plombe ! J’ai oublié mon chapeau, à mon âge ça ne pardonne pas … Lucette m’attend à la maison ; Dans son jardin, son minuscule jardin avec vue sur le mur, elle est à moitié à poil, et moi je lui caresse l’épaule en relevant une partie de son corps pas encore rougie par le soleil…Ô  astre d’en haut que vois-tu d’elle, son orifice ?

Je donne parfois à la nature mes envies inassouvies, c’est d’ailleurs pour cela que je préfère le printemps ou ca baise de tous côtés, fornication sous les yeux indifférents de l’humain… Je me suis longtemps promené sous les fenêtres ouvertes à l’écoute de quelques cris, passager haletant au désir des autres. Freud, oui lui-même ! Déclarait qu’il avait mis toute sa libido dans la cause ! La cause ? Oui bande d’inculte la cause c’est ainsi qu’il nommait la psychanalyse ! Quel rapport avec moi ? Aucun !

Quittons cela …Et revenons… je me suis souvent branlé sur les plus belles pages de la littérature, et un doigt dans le cul en plus en finissant la recherche…J’ai joui sur des mots qui pour vous ne vous ont même pas effleuré les couilles ! Je n’ai pas perdu mon temps à attendre que ma mère vienne me border …Très tôt je me suis branlé de bonne heure…

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Kandinsky. De Staël. Bergman. Cherchez l’intrus …

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Tout est dit du grossier et de l’intolérable, seuls les plus tenaces de mes lecteurs se tiennent les tempes pour lire jusqu’ici ! Et puisqu’il eut un début, et puisque vint la lumière il fallait bien que je la crée moi ma petite Eve… Tu aurais pu mon amour te nommer ainsi mais prononcer ton prénom me fait chaque fois vibrer l’âme : Stéphanie,

1er octobre, il est tard, j’ouvre mon ordi et me connecte sur le chat NRJ, pseudo choisi : machiavel ; quelques mots de présentation : exécrable… Allons courage, peut-être des dials intéressants ce soir, il y a foule entre les Trans et les lesbiennes  mon clavier va vibrer ! Nouvelle mode sur les chats les mamies sont devant leur télé, le portable sur les genoux ! Oui je sais , les bébés ont quittés le cocon suivi  de près par les maris qui d’un seul mouvements on préféraient des chairs plus fraiches !Putain de solitude , allez il nous reste le sex toy !Elles me racontent leurs malheurs , oui bon , j’écoute poliment !Devant moi  a ,coté du clavier, le traité fondamental de la foi de Karl Rahner , ouvrage de référence pour théologiens avertis !! Posé sur le bureau tout près, le séminaire sur le transfert de Lacan ! Vous savez l’ouvrage ou il parle d’Alcibiade, celui qui voulait enculer le pauvre Socrate ! Et puis la question récurrente qui me traverse l’esprit : mais pourquoi je connecte ces connes ? Pourquoi ? Nouveau message, la lumière du site clignote, je clique et frimousse me salue d’un bonsoir que je juge coquin, pure imagination, pourquoi ne serait-elle pas elle aussi peu intéressante que les autres ? Coucou !! C’est ma réponse, vous voyez j’en suis là !ça ne tarde pas j’ai une touche !elle répond aussitôt !quoi ? Je m’en souviens plus !

Une heure, deux heures, peut être trois qui sait ? Pas moi ! Stéphanie est sourde, 100% précise-t-elle ! Elle vie près de la mer avec son fils un gamin qui adore nager, d’ailleurs elle m’envoie des photos, il s’empiffre d’une glace rose comme ses joues, avec a côté une superbe blonde qui sourit, je m’interroge, qui est-elle ? C’est moi me dit-elle … j’ai dans tes yeux ancré mon âme et toi tu n’as rien entendu, je viendrai silencieusement couvrir ton corps de baisers d’or !

C’est aux moines d’occident que nous devons la transmission des grands textes, c’est eux qui en silence ont recopié les amours de Platon, la physique d’Aristote et rangé au-dessus d’autres ouvrages inclassables d’où le terme de méta – physique, au-delà de la physique ! C’est en regardant tes yeux dans le silence ou ils sont enfouis que j’ai compris que je ferais de ma vie un silence d’amour, je n’ai plus rien à clamer puisque tu n’entends pas, mais je viens me blottir dans ton corps monastère  pour y prier toujours. Fureur et mystère, les philistins s’y reconnaitront …

J’ai abusé du monde ….

Ecoute petit homme ! Devant dieu en toute conscience nous serons …

_____________________________

C’est affolant comme je ne vaux rien. Ça en est pathétique ! Le corps est ma valeur absolue. Je m’exerce à cet instant à la cognition purement cartésienne : j’ai sa photo légèrement vêtue, comme Descartes avait le morceau de cire devant lui, qu’en ferais-je ? L’honorer dans un premier temps et procédé à une analyse conceptuelle dans un temps deux ! En conclusion jouir de  la naissance du concept. …  Le train se déplace doucement à l’arrivée de la gare d’argeles sur mer, je la vois depuis l’intérieur du wagon, elle porte une veste d’un bleu marial et un jean serré, je marche vers elle ,j’essaye d’être beau, mais putain c’est difficile ! on se sourie et c’est fini, oui en effet, le soir de ma nouvelle vie nous avons mangé face à face, cela  a son importance car je ne connaissais rien encore du langage des signes ! Sous son regard perce neige je me suis à nu, carnet au bout des doigts j’ai écrit et écris ce que j’étais, nos voisins se demandaient pourquoi nous ne parlions pas et nous regardaient effarés…Quand vint la nuit plus intime nous sommes rentrés …

Epuisée elle s’est endormie comme on se retire dans une chapelle nimbée de silence.

Je suis !

Avec toi depuis tes premiers mots, je te sais dans les silences, les clignements de tes paupières qui éteignent la nuit des jours que je passerai infiniment près de toi !

Tu es !

 

 

Publié dans : Textes courts... | le 19 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

Saisie en pleine foule…

Et ce n’était que fraîcheur et guise de fraîcheur. Et mon corps emporté par une joie céleste s’évaporait!J’ai écouté un matin d’été Une immense fraternité dans  une pluie venant de l’est !Et vous me direz:qu’avez-vous entendu là?Aux plus hauts faits de l’esprit se prépare la révolution du cœur!J’entends battre l’âme d’une nouvelle erre de la terre…
Ô sujet qui vient avec moi chanter ,tu seras saisie en pleine foule d’un rêve de grandeur!

Publié dans : Poésie | le 18 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »

God…

Le dieu était en acier trempé.Elle dormait.IL prit le dieu sous le lit, en ressentit la fraîcheur.  Le porta à sa bouche,de sa langue il le caressa doucement.
Il cracha sur le dieu une salive qui avait le goût du tabac. Avec le doigt il répandit la salive sur le bout de l’acier.Elle dormait.
Comme prise d’un trouble,elle se retourna sur le ventre et découvrit jusqu’à mi-cuisses le drap blanc.
Il regarda ses cuisses saillantes couleurs brunes car trop longtemps sous le soleil.
Il déposa délicatement le dieu froid sur son dos,il reposait maintenant de tout son poids sur le bas de sa colonne vertébrale.Il regarda le dieu sur elle et de toute la patience de son désir il attendit! ne pas s’imposer à elle,la laisser ressentir le froid du dieu sur son corps.
Un petit duc siffla au dessus du Mobil home,il la vit sourire;elle se cambra légèrement et lui dit imperceptiblement:continue! Il prit le dieu et la caressa de son bout qu’il humidifia encore.
il descendit jusqu’au creux de ses fesses qui pour mieux l’accueillir se soulevèrent imperceptiblement.Pour ne pas la blesser il tenu le bout du dieu a l’entrée de son sexe.Il fit rouler le bout d’acier sans l’enfoncer pour caresser ses lèvres. Elle respira si profondément qu’il enfonça avec une douceur extrême le dieu dans son sexe.
Elle cria son nom:dieu!

Publié dans : Textes courts... | le 18 décembre, 2013 |Pas de Commentaires »
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